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En attendant le déluge ?


15 et 16 juin 2019

Bientôt la neuvième édition « des 24 Heures du Mans des années en « neuf » !


Petite rétrospective en guise d'introduction à l'acte 87 ….


« Petite » … C'était, au départ, le credo de cette évocation : peu de texte, une forme synoptique, bref, un minimum de « bla-bla » et un maximum d'infos … Chassez la naturel … Pisse-copie je suis, pisse-copie je demeure ! D'autant plus qu'ici, pas de rédac'chef pour me dire « dis donc, coco, 3000 signes, c'est 3000, pas un de plus » ! Alors, tant pis, pas de coupes sombres, je vous livre le truc tel qu'écrit. En souvenir du petit garçon de sept ans qui, en ce mois de juin 1949 caniculaire, vivait ses premières émotions mancelles …

René B.
Photos : collection de l'auteur



La 87ème édition de la course d'endurance des « 24 Heures du Mans » se déroulera les 15 et 16 juin prochains, sur le tracé toujours mythique qui, du Tertre Rouge à Mulsanne, via les Hunaudières et son interminable rectiligne, puis d'Arnage aux virages « Ford », aligne les 13,626 km d'une piste qui emprunte, en grande partie, des routes ordinairement ouvertes à la circulation. Enfin, presque : ainsi, des portions comme celle qui va du virage du raccordement avec le circuit permanent « Bugatti » au Tertre Rouge, ou bien de la sortie d'Arnage à la ligne droite des stands, via les virages « Porsche », sont fermées. De même, plusieurs ronds-points jalonnant les Hunaudières (route de Tours) sont mis hors service -qui a dit « dommage » ?!- pour laisser place à autant de tronçons de l'ancienne voie, conservés pour la circonstance et, bien sûr, interdits de circulation le reste de l'année.


Première partie (1929-1969)



1929 : Hégémonie Bentley



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Dunfee et Kingston seront deuxième sur la Bentley 4,4 litres

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Podium pour une autre Bentley 4,4 litres, celle de Benjafield et d'Erlanger

Lorsque sonne l'heure du départ, le 15 juin 1929, de la septième édition du « Grand Prix d'Endurance des 24 Heures, Coupe Rudge-Withworth » (cette appellation officielle de l'épreuve deviendra « 24 Heures du Mans » en 1935), on peut se demander qui faira échec à une équipe Bentley forte de cinq voitures. Sur 25 partants, le « ratio » est en faveur des britanniques, tout comme le palmarès de la firme, qui s'est imposée en 1924, puis en 1927 et 1928. Bien préparées, bien pilotées,bénéficiant d'une expérience désormais solidement établie, les Bentley n'ont pas mis tous leurs œufs dans le même panier.

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La "grosse" 6,6 litres de l'écurie des "Bentley's Boys" l'emporte, grâce à Barnato et Birkin

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6ème et 7ème (ici, celle de Vere-Marcel Mongin), les Chrysler 6 cylindres-4,100 litres signent une belle performance


A la « Speed Six » 6 cylindres de 6,6 litres attribuée aux « ténors » de l'écurie, Wolf Barnato et Henry Birkin, s'ajoutent quatre modèles 4 cylindres-4,4 litres, confiés aux « Bentley's Boys » habituels : Jack Dunfee-Glen Kidston, John Benjafield-André d'Erlanger, Frank Clement-Jean Chassagne et Bernard Rubin-Lord Earl Howe. Le verdict sera sans appel, et les quatre premières nommées termineront aux quatre premières places, seule la 4,4 litres de Rubin-Howe ayant renoncé dès le 7ème tour.
Derrière, les bolides américains tirent honnêtement leur épingle du jeu, avec par ordre d'arrivée la Stutz DV (8 cylindres, 5,3 litres) de Bouriat- »Philippe », et les deux Chrysler « 75 » (6 cylindres, 4,1 litres) de Stoffel-Robert Benoist et Cyril de Vere-Marcel Mongin.


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Première des "non-Bentley", à la 5ème place, la Stutz 8 cylindres-5,3 litres de Bouriat-"Georges Philippe"

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Les TRACTA à traction avant (ici, Balart-Debeugny, 9ème) sont les plus modestes voitures à l'arrivée, avec leur 4 cylindres 985 cm3




Victoire britannique en classe 1500 cm3, grâce à la rapide Lea-Francis de Peacock-Newsome, et excellente prestation des deux Tracta 1 litre, traction avant, classées 9ème et 10ème aux mains de Balart-de Beugny, et de leur concepteur J.A. Grégoire, assisté de Fernand Vallon.


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La 6,6 litres victorieuse entourée de deux des Bentley 4,4 litres

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Huitième, la Lea Francis de Peacok-Newsome remporte la classe 1500 cm3

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Les trois TRACTA avant le départ


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Arrêt simultané des deux Chrysler


Les quinze autres voitures, dont deux Stutz, une Du Pont américaine, deux Tracta et les trois BNC présentes, sont contraintes à l'abandon.


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Une 4ème TRACTA, carénée et munie d'un moteur "deux temps" ne dépassera pas le 43ème tour

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Classé 10ème avec Fernand Vallon, le concepteur des TRACTA termine 10ème ... et dernier ! Il y avait 25 partants

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Autre représentante des marques américaines, la Du Pont (pour "Du Pont de Nemours" ) 5,3 litres quitte la scène au 20ème tour

Sur le circuit initial, raccourci de un kilomètre pour (16,340 km) pour cause de développement de la ville vers le sud, Birkin et Barnato ont couvert 2843,880 km à la moyenne de 118,492 km/h, Birkin signant le meilleur chrono en 7'21 '' (133,551 km/h). Les Bentley reviendront l'année suivante, histoire de compléter leur palmarès grâce à un cinquième succès ….




1939 : Bugatti pour une seconde victoire

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Wimille et Pierre Veyron (à mille lieues de penser à une certaine Bugatti du XXIème siècle !)
mèneront une course intelligente pour amener l'unique 57G à la victoire

16ème édition, déjà, en ce 17 juin 1939, malgré l'annulation imposée en 36 par les événements politiques et sociaux du « Front Populaire » … Les constructeurs français en ont profité pour préparer une revanche sur les firmes étrangères (notamment Bentley, mais aussi Lagonda et , surtout,Alfa Romeo) victorieuses depuis sept ans. En 1937, la Bugatti Type G 3,3 litres de Wimille et Benoist a survolé les débats, tandis que Delahaye et Delage complétaient le triomphe tricolore, auquel Peugeot et ses trois 302 Darl'Mat ajoutait une présence significative dans ce qu'il est, aujourd'hui, convenu d'appeler le « top ten » ! L'année suivante, pas de Bugatti, mais des Delahaye 135 S (Chaboud-Trémoulet et Giraud-Cabantous-Serraud) intouchables, Talbot et les robustes Peugeot Darl'Mat figurant aux avant-postes. Jean Bugatti a fait le pari de n'engager, en 1939, qu'une seule 57 G dont l'aérodynamisme réétudié et le 8 cylindres-3,3 litres dopé par un compresseur, font une voiture aussi belle à regarder que diablement rapide


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Dans la lutte avec les grosses Lagonda, c'est Delage qui tirera les marrons du feu, avec Gérard et Georges Monneret


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3ème et 4ème, les Lagonda V12 de Donson-Brackenbury et de Mitchell-Thompson (Lord Seldson !)-Valeran réalisent un joli tir groupé


Reste à savoir si l'auto est suffisamment fiable pour résister aux Delahaye 135 S réputées inusables, voire à une Delage 3 litres elle aussi considérée comme solide. C'est toutefois de Grande-Bretagne que débarque une équipe menaçante, constituée de deux impressionnantes Lagonda, dont le moteur V-12 4,5 litres sont (au moins) aussi puissants que les meilleures mécaniques tricolores, soit environ 200/210 chevaux.

Le beau temps va régner sur cette 16ème édition, qui se dispute sur le circuit de 13,492 km, un nouveau tracé encore raccourci dans sa partie nord, toujours pour cause de développement de la banlieue mancelle. Surprise lors des premières heures de course, lorsque la bagarre fait rage entre Delage et Delahaye, alors que Wimille et Pierre Veyron naviguent (il est vrai sans problème) en 4ème position, et que les Lagonda, si elles sont bien présentes, ne paraissent pas en mesure de se mêler à la lutte pour la victoire.


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Villeneuve et Biolay, 6ème et meilleurs représentants des Delahaye 135 S

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Les BMW 328 remarquables, avec leur 6 cylindres 2 litres ... Le coupé N°26 est 5ème, le roadster N°27 se classe 7ème

A midi, le dimanche, c'est bel et bien la Delage 3 litres de Louis Gérard et Georges Monneret qui mène la danse, avec plusieurs tours d'avance sur une Bugatti qui n'a pas été épargnée par les soucis (pneumatiques, jantes, refroidissement) et les Lagonda, désormais distancées.



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A cet instant, la Delage 3 litres de Gérard et Monneret est solidement installée en tête ....

A 13 heures, tout bascule pour la Delage N°21 : un ressort de soupape lâche, de même qu'une collerette d'échappement est dessoudée ! Privée d'une notable partie de son potentiel, et retardée par un arrêt de quarante minutes, la Delage continue sans pouvoir résister au retour de la Bugatti. Wimille et Vayron conservent même suffisamment de « jus » pour battre le record à la distance (3354,760 km à 139,781 km/h de moyenne). Mais c'est Mazaud, sur une Delahaye 135 S qui établit le record du tour, en 5'12 ''1 (155,627 km/h), une performance qui ne sera effacé des tablettes que onze ans plus tard !


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Victoires à la "Coupe Biennale", à l'indice de performance, et en classe 1100 cm", assorties d'une 10ème place sur vingt arrivants, la SIMCA-Gordini de son constructeur associé à José Scaron a fait le "buzz" !


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Lapchin et Plantivaux complètent le succès des Gordini, à la 13ème place



3ème et 4ème, les Lagonda de Dobson-Brackenbury et Lord Seldson-Valeran n'ont pas démérité, mais la performance du jour intéresse les deux BMW 328 (6 cylindres-2 litres) de Von Schambourg-Fritz Wencher et Roese-Heinemann, classées 5ème et 7ème, tandis que les Simca-Gordini, (10ème avec A.Gordini-Scaron), 13ème, 19ème et 20ème font preuve de rapidité et de solidité, en dépit de leurs faibles cylindrées (1100 et 600 cm3). Gordini et Scaron s'adjugent, au passage, l'indice de performance, le classement spécifique qui fait intervenir le ratio entre la vitesse moyenne obtenue, et la consommation, en fonction de la cylindrée. Ceci énoncé pour simplifier !

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Photographiée ici en 1938, l'audacieuse Adler 1,5 litres ne réalisera pas sa performance en 1939, éliminée dès le 6ème tour


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Qui reconnaîtrait une modeste MG Midget 847 cm3 sous cette jolie tenue sportive ? Collier et Welsch abandonneront au 63ème tour ...


Tout est à reconstruire

La guerre est déclarée le 2 septembre 1939. Lorsque l'armistice est signée, les 7 et 8 mai 1945, il ne reste rien des installations fixes du circuit du Mans, comme le bâtiment des stands, les dispositifs d'alimentation consacrés aux ravitaillement, les tribunes dont il ne subsiste que l'infrastructure métallique, etc … C'est donc une reconstruction complète que doit envisager l'A.C.O., outre la réfection des routes, qu'assureront les services compétents, ce dont l'organisation prend note dès février 1946. Mais dans l'immédiat, il y a bien d'autres tâches à accomplir, et la conjoncture économique comme la situation administrative ou structurelle du pays repoussera l'échéance de quelques années …


Les « anciens » contre les « modernes » !

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Si la "barchetta" N°23 de Lucas-"Ferret" abandonne, l'autre Ferrari 166 MM de Luigi Chinetti et Lord Seldson s'impose et tourne une page ...



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La Delage 3 litres de Louis Gérard et de l'espagnol Jover, seconde, sauve l'honneur français

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Les 25 et 26 juin 1949, 49 concurrents sont au rendez-vous de la renaissance des « 24 Heures du Mans », 17ème du nom. Tout est flambant neuf … côté circuit et installations, car pour ce qui concerne les voitures, on assiste à un curieux panachage entre des bolides qui ont dix ans ou plus, comme les Delage et Delahaye françaises, et des engins de conception moderne, dont les Aston-Martin DB2 et surtout les barchetta Ferrari 166 MM sont les représentantes les plus remarquées. Des marques françaises totalement nouvelles sont de la partie, comme les DB (à mécanique Citroën 11 CV) et les gracieuses Monopole à moteur Panhard. Parmi les curiosités d'un « plateau » hétéroclite, figurent la Delettrez, première voiture à moteur diesel vue au Mans, deux minuscules Areo-Minor tchèques, la Bentley « Corniche » carrossée en France (elle terminera 6ème), ou encore la Simca 6 en composite de Bardin et Gay, dont la carrosserie est en une seule pièce ! Sans oublier une 4 CV Renault (quasiment) de série, ou l'étonnante Frazer-Nash 2 litres que Culpan et Haldington mèneront sur la troisième marche du podium. Par contre, les trois Simca-Gordini 1,5 litres engagées par Amédée arrivent juste avant le départ, selon une habitude hélas bien instaurée au sein de l'écurie française, et resteront au « paddock » ….

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Débuts manceaux pour DB, avec des moteurs Citroën 11 CV

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Performance remarquée de la Frazer-Nash 6 cylindres-2 litres de Culpan et Adlington

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6ème, la grosse Bentley Corniche carrossée par Pourtout

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illustration saisissante entre le passage du relais, même si la Delahaye 135 S est (encore) plus rapide que la 4 CV de Hardy, première voiture à moteur arrière vue au Mans !

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Jolies, les Monopole Panhard ....


Les puissantes Delahaye font parler la poudre au cours des premières heures. Mais les « grosses » 175 S-4,4 litres de Simon (auteur du meilleur tour en 5'12''5 à 155,427 km/h de moyenne) et de Chaboud et Charles Pozzi -qui deviendra importateur Ferrari pour la France !- rendent les armes, En embuscade, la Ferrari 166 MM (12 cylindres en V-2 litres) de René-Louis Dreyfus et Jean Lucas prend le commandement mais est accidentée à la tombée de la nuit. Avec Vallée et Guy Mairesse, Delahaye assure l'intérim, mais la Ferrari 166 MM de Luigi Chinetti prend définitivement l'avantage avant minuit. L'italo-américain, déjà deux fois vainqueur au Mans en 1932 et 1934, tient le volant depuis le départ, et cède sa place à son équipier anglais (et propriétaire de la voiture) Lord Seldson à 4h26, pour la récupérer à … 5h38 ! Malgré un accident qui obligera l'équipe à effectuer une longue réparation, la Ferrari conservera un tour d'avance sur la Delage DS-3 litres de Louveau-Jover, intercalée entre la 166 MM N°22 et la Frazer-Nash N°26. L'unique Aston Martin DB2 pointée à l'arrivée est celle de Jones-Hayes, 7ème. Ayant parcouru 3178,279 km à 132,420 de moyenne, Chinetti et Seldson remportent évidemment la classe 2 litres, et s'imposent à l'indice de performance.


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Comme d'autres voitures présentes, la Healey est quasiment de série ....

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La Delahaye 135 S de Bouchard-Larue est légèrement "aérodynamisée" !

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A défaut de voire le drapeau à damiers, Flahaut et andré Simon donneront à la Delahaye 175 S le record du tour, à plus de 155 km/h

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DB1 à gauche, 11ème, DB 2 à droite, 7ème, la logique respectée chez Aston Martin

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La Simca Six de Bardouin-Gay, classée 18ème, possède une mignonne carrosserie en une seule pièce, sans ouverture !

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Typique des petits roadster britanniques de l'époque, la HRG 1,5 litres de Thompson et Fairman excellente 8ème ....


Aston Martin prend sa revanche



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Les Aston DBR 1 vont dominer l'épreuve, en partie grâce à S.Moss (N°4) envoyé comme "lièvre", facilitant le doublé de la N°5 (Shelby-Salvadori) devant Frère (ici un peu en vrac !)et Trintignant ...



Est-ce pour venger la semi-déroute de l'équipe Aston Martin dix ans plus tôt ? Ou bien, plus concrètement, pour arracher enfin cette victoire souvent entrevue (2ème en 1955 avec Peter Collins et Paul Frère, 2ème en 1956 grâce à Moss-Collins, 2ème en 1958 avec les frères Peter et Graham Whitehead), concédée d'abord à Jaguar, puis à Ferrari ? Toujours est-il que l'armada Aston Martin alignée en 1959 a fière allure. A l'occasion de ce 27ème épisode programmé les 20 et 21 juin, les nouvelles DBR1 sont au nombre de quatre : N°4 pour S.Moss et Jack Fairman, N°5 avec Caroll Shelby et Roy Salvadori, Trintignant et Paul Frère sur la N°6, et pour conduire la N°7, Graham Whitehead et Bryan Naylor. Face à eux, une redoutable « Scuderia » Ferrari, avec les 250 TR notamment confiées à Gendebien, Phil Hill, Jean Behra, Dan Gurney, Cliff Allison et Nino Da Silva-Ramos, qu'appuient plusieurs 250 TR alignées par des écuries satellites.

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3ème et 1ère GT, la "vieille" Ferrari 250 GT belge de "Beurlys"-"Eldé" sauve l'honneur de la "Scuderia"

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La 250 TR de Geertner-Carvett abandonnera, mais les 250 GT de Fayen-Munaron (N°20), "Beurlys" (N°11) et le spider "California" de Tavano-Crossman réalisent un joli tir groupé !

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Tavano et Crossman conduisent une "California" de série ...

Au rang des curiosités, on trouve les deux berlines SAAB 93 dotées du 3 cylindres-deux temps de 750 cm3 et l'antique Frazer-Nash LM dont la carrosserie « moderne » dissimule le bon vieux 6 cylindres-2 litres d'origine BMW ….

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12ème, la SAAB 93-2 temps de Bengston a tourné comme une horloge ... suédoise !


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Triomphe DB Panhard à l'Indice, 9ème position à l'arrivée et victoire en classe 750, grâce à MM.Cornet et Cotton


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Victoire en classe 1500, et 8ème place à l'arrivée pour cette frêle Lotus Elite


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Un moteur identique (le 6 cylindres 2 litres Bristol, né BMW), mais des destinées différentes: la Frazer-Nash N°60 en restera là, l'AC Bristol de Whiteaway-Turner se classera 7ème


Jouant à merveille son rôle de « lièvre », Moss entraîne dans son abandon les Ferrai de Behra-Gurney et Allison-Da Silva. Gendebien-Hill, vainqueurs en 1958, montrent tout de même à John Wyer, le patron de l'écurie Aston, que la tâche ne sera pas facile. Mais à midi, le V12 italien rend l'âme, laissant aux Aston Martin de Shelby-Salvadori et de Trintignant-Frère un boulevard vers les deux premières places. Derrière, Ferrari se console avec la victoire en catégorie GT de « Beurlys » et « Eldé », 3ème devant les autres 250 GT de Pilette-Ahrens, Grossman-Tavano (sur un spider « California ») et Fayen-Munaron. Classée 6ème, la mignonne AC Bristol (revoilà le brave 6 cylindres BMW !) s'impose dans la classe 2 litres, tandis que les frêles Lotus Elite de Lumdsen-Riley et d'un certain Jim Clark associé à John Whitmore, 8ème et 10ème, dominent la classe 1500 cm3. Mais le grand exploit du jour est à mettre au crédit d'une équipe DB Panhard dont le 750 cm3 a fait merveille. Cornet-Cotton, 9ème, s'adjugent l'indice de performance, Consten-Armagnac, 11ème, remportent le nouveau classement à l'indice énergétique. Et la SAAB rescapée (Nottorp-Bengston) parvient au but, en 12ème position.

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Aucune Porsche (ici, la RSK de Bonnier-Von Trips) à l'arrivée: une exception notable !

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Cette OSCA 750 sert d'auto-école à deux (très) jeunes protégés de Ferrari, Pedro et Ricardo Rodriguez

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Clap de fin pour Ted Lund et sa MGA ....

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Cette Cooper Monaco abandonnera également, bien que conduite par Bruce McLaren et Naylor


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A défaut de briller, les Ferrari 250 TR se contenteront du erecord du tour établit par Jean Behra, sur la N°12


Par contre, c'est l'un des rares « loupés » des Porsche 718 RSK et 550 RS, aucune des six voitures n'étant à l'arrivée, échec partagé avec une équipe de trois Triumph TR3S, pourtant réputées solides et bien préparées.

L'Aston victorieuse a parcouru 4347 km (181,163 km/h), Jean Behra et sa Ferrari ayant signé le meilleur chrono en 4'00"9, à 201,161 km/h de moyenne, maigre lot de consolation ….


120 mètres entre Ickx et Hermann !


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Le plus vite en action, Jo Siffert porte la Porsche 908/8 Spider au commendement. La première 917 H n'est pas loin !

La 37ème édition des « 24 Heures » inaugure un tracé modifié (13,469 km), notamment, à la sortie du secteur de « Maison Blanche », par l'installation de la chicane « Ford » destinée à ralentir les voitures avant l'attaque de la ligne droite des stands … ou pour celles qui vont emprunter la voie des boxes.
Petit « flash back » sur les dix années séparant le triomphe Aston Martin de la course de 1969, dont on ne sait pas encore qu'elle va entrer dans la légende mancelle, en se jouant dans l'ultime « rush » final, pour moins de 120 mètres d'avance sur la ligne d'arrivée, au profit de la Ford GT40 de Ickx et Oliver … Dès 1960, Ferrari impose une suprématie qui va lui permettre d'aligner six victoires d'affilée, et d'imposer la première voiture à moteur central arrière, en 1963. Pour ce faire, la « Scuderia » a résisté à un adversaire de taille, Ford ayant décidé de mettre un terme à cette hégémonie italienne, grâce à la GT40 à laquelle s'ajoutera une arme absolue, la MKII à moteur 7 litres. Effectivement, en 1966, les MKII renvoient les Ferrari P3 à leurs études, et l'année suivante, la Ford MK IV récidive, en dépit de la belle résistance opposée par les 330P4 classées 2ème et 3ème. Nouveau succès Ford en 1968 (P.Rodriguez-L.Bianchi), cette fois avec une GT40 optimisée par l'équipe Gulf d'un certain John Wyer, artisan, on s'en souvient, de la victoire Aston Martin en 1959 ! Et cette fois, le danger n'est plus « rosso », il arrive de Weissach où sont préparées les Porsche 908/8, classées seconde et troisième.



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Le premier tour sera fatal à John Woolfe, dont la 917 H s'avère délicate à maîtriser pour un "privé" ....

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Après le retrait de la 908/8 de Siffert, les puissantes 917 H prennent le relais en tête de course. La N°12 de Elford-Attwood (record du tour à 234;017 km/h) mènera jusqu'à la 22ème heure ! Celle de Stommelen-Ahrens a renoncé à la 15ème heure ...

Il est vite clair que le duel pour la victoire, lors de cette édition 1969, va opposer les GT40 « Wyer » et les 908/8, même si les nouvelles Matra 650 et 630 paraissent en mesure de se mêler à la bagarre, de même que les Alpine A220-V8-3 litres, et surtout les toutes nouvelles Porsche 917 H, dont le 12 cylindres-4,5 litres a de quoi inquiéter la concurrence. Comme il ne faut point négliger les chances des Ferrari 312 P, on voit que les challengers ne manquent pas … Les choses commencent mal pour l'équipe Matra, lorsque Pescarolo s'envole dans les Hunaudières, lors d'une séance d'essai privée organisée afin de valider l'efficacité aérodynamique de l'originale 640. Exit la 640, et exit « Pesca » qui ne prendra pas le départ de l'épreuve. Lequel permet à Jacky Ickx de démontrer « in situ » l'inutilité de la dangereuse procédure de départ « en épi », les pilotes courant à leur bolide en démarrant, souvent, sans prendre le temps de s'attacher. Ickx traverse tranquillement la piste, s'installe posément, pour partir après tout le monde. Cette illustration de la fable de La Fontaine sera d'ailleurs parfaite, puisque le belge remportera la course !


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Prestations enviables des Matra, Guichet-Vaccarela et Beltoise-Courage s'adjugeant (dans l'ordre inverse) les 4ème et 5ème postions

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Les belles et rapides Ferrari 312 P feront illusion, même si la N°19 de Amon et Schetty sont victimes collatérales de l'accident de Woolfe au premier tour

Mais nous n'en sommes pas là .. Premier acquéreur privé d'une Porsche 917, le britannique John Woolfe a insisté pour prendre ce départ. Avant la fin du premier tour, la 917 sort violemment à la sortie du secteur de « Maison Blanche », et Woolfe périt dans l'accident, qui provoque aussi l'abandon de la Ferrari 312 P de Chris Amon. C'est d'abord la 917 LH de Stommelen et Ahrens qui s'impose, son abandon laissant la première place à la Porsche 908/8 spider de Jo Siffert et Brian Redman qui mène la course jusqu'à son retrait, à 19 heures, à cause d'une panne mineure. Stuttgart reporte ses espoirs sur la 917 LH de Elford-Attwood, qui conservera le commandement jusqu'à deux heures du but, écartée du débat par un embrayage défaillant.





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Unique Ferrari figurant dans le "top ten", la 275 LM de Posey et Zeccoli
est (déjà !) une antiquité ....


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Un coup toi, un coup moi ! La Porsche 908/8 de Larousse-Hermann et la Ford GT 40 de Ickx et Oliver vont passer les deux dernières heures de course à échanger leurs positions en tête, sans jamais faire la différence ! Sauf sur la ligne d'arrivée, lorsque Jacky Ickx profite de "l'aspi" pour coiffer Hermann, avec 120 mètres d'avance ...


Et qui se retrouve devant ? La Ford GT40 de Ickx et Jackie Oliver, que ne lâche pas la Porsche 908/8 confiée au vétéran Hans Hermann et au jeune Gérard Larousse ! Le duel va durer deux heures, chacun prenant la tête à tour de rôle, et cette bataille digne d'un Grand Prix entre la grosse V8-5 litres « Sport » et la 3 litres « Sport- Prototype »ne trouve son épilogue qu'à un peu plus de cent mètres de la ligne d'arrivée, lorsque Ickx, le promeneur du samedi après-midi, double in extremis Hermann, offrant à Ford une ultime victoire.
Derrière la GT40 de Hobbs et Hailwood, troisième, Matra réussit un beau tir groupé en prenant les 4ème, 5ème et 7ème place. Zeccoli et Sam Posey sauve l'honneur de Maranello grâce à la 8ème position arrachée une « antique » 275 LM, et Porsche impose ses 911 S dans la catégorie GT. Les Alpine A220 ont toutes abandonnées, et seule la A210 de Serpaggi et Ethuin est à lm'arrivée, à une 12ème place qui lui permet quand même de gagner l'indice de performance.




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La Ferrari 275 GTC des suisses Rey et Claude Haldi, disqualifiée à la 5ème heure ...



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Pourtant venues den force les Alpine A220-V8 (3 litres) subissent une sévère défaite !
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Unique rescapée de "l'armada" Alpine, la A210-1 litre de Ethuin et Serpaggi (couvée par l'ami Cheinisse, à droite) sauve le bilan, avec une victoire à l'Indice de performance





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Galys71
25 mai 2019 à 20h33
 
Belle et longue rétrospective ! En épisode, ça aurait tenu en haleine..
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