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Nenelechampenois » Big Blog Blag » Une étoile est née ....

Une étoile est née ....



1952: le retour de Mercedes à la compétition,

acte de naissance de la mythique 300 SL



Depuis plus de dix ans, la firme à l'étoile n'a pas (et pour cause !) connue de grande campagne sportive. L'apparition d'un modèle de compétition, dénommé 300 SL, va permettre à Mercedes de renouer avec la victoire, et de tester dans les conditions les plus probantes une voiture dont la version "civile" sera (miraculeusement ?) commercialisée en 1954 …


René B.

Photos: médiathèque DaimlerBenz, collection de l'auteur


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En réalité, cette 300 SL ne préfigure pas uniquement le modèle qui, en particulier grâce à son original système d'ouverture des portes, va très vite devenir une icône. En effet, du côté de Stuttgart, il y a quelques années que l'inusable et tonitruant Alfred Neubauer, emblématique patron des activités sportives de Mercedes-Benz, prépare un retour de la marque au plus haut sommet. Avec, dans ses cartons, les projets d'une monoplace susceptible de briller en "Formule 1", et d'une voiture de la catégorie "sport" capable de remporter les grandes classiques de l'heure, des "Mille Miglia" aux "24 Heures du Mans" … Ce deux bolides, qui feront leurs premières armes en 1954 -pour la "F.1" W 196- et en 1955, s'agissant de la 300 SLR, utiliseront un moteur ayant la même architecture que la première 300 SL. Là s'arrêtera toute véritable comparaison, car le 8 cylindres en ligne de 3 litres (ramené à 2,5 litres sur la W 196, règlement oblige), de la SLR sera doté de solutions techniques de pointe, comme la culasse à soupapes desmodromiques, et l'injection directe de carburant. La 300 SL emprunte, plus modestement, son "6 en ligne" de 2996 cm3 à la berline 300 S, mais la mécanique subit une -grosse- cure de vitamine (arbre à cames plus "pointu", soupapes plus grandes, alimentation par trois "double corps" Solex, etc …) qui permet d'obtenir aux environs de 170 chevaux. L'ensemble ne tient, sous le capot très bas de l'engin, que grâce à un subterfuge consistant à incliner le groupe propulseur de 50° sur le côté gauche. Avec un châssis tubulaire très léger, et une carrosserie en tôle d'aluminium, le poids de l'ensemble ne dépasse pas 950 kg, gage d'un excellent rapport poids/puissance.


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Pour tenir sous le capot très bas, le 6 cylindres de la 300 S est incliné vers la gauche, à 50°

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Châssis multitubulaire léger, obligeant à trouver une ouverture des portes qui fera date !

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Le châssis définitif de la 300 SL de série, en 1954


Des portières qui feront jaser !


C'est l'architecture du châssis qui contraint les concepteurs de l'auto - dont l'ingénieur Rudolf Uhlenhaut- à adopter les fameuses portes "papillon" articulées au milieu du toit, la hauteur des seuils induite par les tubes du châssis interdisant la présence d'une portière "normale". C'est, en partie, cet artifice stylistique qui fera le succès de la voiture, lorsqu'elle sera proposée au catalogue Mercedes, en février 1954 ! A propos de ces portes "papillon", il est juste de préciser que, si les premiers modèles proposent une étroite ouverture qui s'arrête sous la vitre latérale, on fera descendre cette "meurtrière" à des dimensions plus pratiques en vue des 24 Heures du Mans, ne serait-ce que pour favoriser les changements de conducteur … Ces fameuses portes feront, aussi, beaucoup parler d'elles lors de la première sortie de la 300 SL, dans les "Mille Miglia", certains concurrents italiens menaçant de porter réclamation contre Mercedes, pour non-conformité de leur carrosserie avec le règlement. L'affaire tournera court, d'abord parce qu'aucun article du dit-règlement ne précise où et comment les ouvertures doivent être installées, ensuite -surtout ?- parce que la victoire finale revient à une Ferrari !


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Victime d'un incident, Lang ne verra pas l'arrivée des "1000 Miglia"


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Rudy Carraciolla ne fera pas mieux que 4ème entre Brescia et Brescia ....


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Karl Kling se classe bon second de la 3mille Miglia"

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Homogène et fiable …


Face à une opposition de laquelle se détache la Jaguar XK 120 C (6 cylindres "double arbre", 3,4 litres de 200 chevaux), la Talbot 4,5 litres (6 cylindres, 230 chevaux) et les Ferrari 3 et 4 litres (V12 de 250 et 300 chevaux), la nouvelle "flèche d'argent" paraît peu puissante … Elle saura compenser ce déficit par une plus grande homogénéité, une conception rigoureuse et, surtout, une fiabilité qui lui donne l'avantage dès que la notion d'endurance entre en ligne de compte.



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Ce retour aux affaires est, évidemment, orchestré par l'imposant Alfred Neubauer, dont l'intransigeance n'a d'égal que le sens de la (bonne !) tactique, et les talents de meneur d'homme. Les pilotes retenus pour cette saison 1952 -la seule à laquelle la 300 "Sport Leicht" originelle participera- ne sont pas, a priori, les plus redoutables du moment. Neubauer a fait confiance à la "vieille garde", en comptant sur d'authentiques vétérans comme Rudolph Caraciola ou Hermann Lang, et sur ce qu'il est convenu d'appeler des "seconds couteaux", tels Fritz Riess, Theo Helfrich ou Norbert Niedermayr. Seul Karl Kling figure au nombre des pilotes reconnus, en ce début des années 50. Il fera d'ailleurs parti de l'invincible armada dépêchée sur les circuits en 1954 et 1955, aux côtés de MMrs. Fangio et Moss !


Le patron du "Rennabteilung" (section compétition) de Mercedes a défini un calendrier fort simple, et surtout pragmatique. Les 300 SL iront, c'est de bonne guerre, disputer les courses pour voitures de sport préludant aux Grands Prix d'Allemagne et de Suisse, mais se concentreront sur deux objectifs majeurs. Les "Mille Miglia", courus de Brescia à Brescia, via Rome, sur 1600 kilomètres de routes ordinaires (et même plutôt inférieures à "l'ordinaire" !), et les "24 Heures du Mans", dont la saga a repris quatre années plus tôt. C'est après Le Mans qu'entrera en scène l'importateur de la firme aux Etats-Unis, Max Hoffmann, qui va jouer un rôle essentiel dans le développement futur de la 300 SL, et par la même occasion, offrira à la "W 196" l'occasion de jouer les prolongations.


Répétition générale à Brescia !


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La nouvelle arme de Stuttgart pour ce retour à la compétition affronte, d'abord, un joli morceau de bravoure, les "Mille Miglia". Comme l'indique son nom, cette course dont les origines remontent à la fin des années 20, se déroule sur un tracé qui fait un peu plus de 1600 kilomètres. Il s'agit, en partant de la ville de Brescia pour y revenir, de parcourir cette distance sur les routes italiennes, censément ouvertes à la circulation (bien qu'aucun riverain doué d'un minimum de bon sens ne s'aviserait de les fréquenter ce jour là), à la plus grande vitesse possible … Pour simplifier la tâche des observateurs, les voitures portent, en guise de numéro de course, leur heure de départ. Ainsi, la 300 SL de Caracciola affiche le N°613, puisqu'elle part à 6h13 au matin de ce 5 mai 1952. "Rudi" précède sur le podium, où il est supposé revenir au terme de l'épreuve, les deux autres Mercedes, confiées à Karl Kling et à Hermann Lang. Le vétéran allemand a, non seulement, des origines italiennes, mais il s'est imposé dès 1931 sur l'encombrante et surpuissante Mercedes SSKL de 7 litres (gavés par un compresseur !). Autant dire que la légère et maniable 300 SL est, pour lui, un véritable vélo … En outre, les trois pilotes de chez Mercedes ont consciencieusement "limé" le bitume sur les 1600 kilomètres du parcours et, même si c'est au volant de "modestes" berlines 220 S, ces reconnaissances assidues leur ont donné une bonne connaissance des lieux !


Cet atout ne pèse, toutefois, pas très lourd face à un Giovanni Bracco survolté par l'enjeu. Le plus souvent sous la pluie, au volant de sa rapide Ferrari 250 MM, l'italien se montre intraitable, laissant Karl Kling à plus de quatre minutes. Caracciola termine à une honnête 4ème place, sans pouvoir réellement inquiété un autre "vieux de la vieille", Luigi Fagioli, excellent sur sa modeste (tout est relatif !) Lancia Aurelia B 20. Lang a laissé ses espoirs -et le train arrière de sa Mercedes- contre une borne kilométrique, du côté de Ravenne …


A vaincre sans péril …


Ce début de saison n'est pas victorieux, mais ce résultat, acquit dans une épreuve aussi spécifique et difficile que les "Mille Miglia", est sans doute plus probant que le "triplé" obtenu, quelques semaines plus tard, dans la course d'ouverture du Grand Prix de Suisse. Sur le dangereux tracé du Bremgarten, aux environs de Berne, trois des quatre coupés engagés, portant, une fois n'est pas coutume, des livrées colorées (bordeaux, vert, bleu et gris argent) monopolisent le podium. Kling, Lang et Reiss, seuls au monde, n'ont toutefois pas grand mérite à battre la Ferrari "privée" du futur Champion d'Europe de la Montagne, Willy Daetwiller. Bien que placé en première ligne, l'helvète n'effectue que quelques dizaines de mètres, transmission brisée ! En outre, un gros accident survenu à Rudolf Caracciola ternit quelque peu ce triomphe à la Pyrrhus. Il met un terme à la carrière du champion allemand, qui ne se remettra jamais vraiment de ses graves blessures …


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C'est donc à la tête d'un bilan mitigé que le "Kaiser" Neubauer et ses troupes débarquent au Mans, début juin. Dans la Sarthe, Mercedes est resté sur un échec, lorsque Caracciola a surclassé les Bentley … avant d'abandonner. C'était en 1930, et la seconde place obtenue l'année suivante par la SSK des "privés" Ivanoski-Stoffel n'a pas effacé l'affront.


"Levegh" devant les Mercedes !


Autant dire que Stuttgart jette toutes ses forces dans la bataille des "24 Heures" ! Les trois voitures engagées (Kling-Kleng, Elfrich-Niedermayr et Lang-Riess) sont neuves, et retrouvent, outre leur robe argentée, les portières "papillon" qui descendent jusqu'au milieu des flancs, solution déjà testée à Berne. Par contre, le grand volet à commande hydraulique monté sur le toit pour aider au ralentissement -en particulier au bout de l'interminable rectiligne des Hunaudières- s'avère délicat à gérer, et ne sera pas utilisé en dehors des essais. On en reparlera en 1955 ....


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Le Mans. Ce volet d'aide au freinage -dont le principe sera mis en œuvre en 1955- ne fut pas utilisé en course … Le document en couleurs est réalisé avec une 300 SL du musée ....


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Le début de la course sonne le glas des espérances pour trois écuries, qui comptent pourtant au nombre des favorites, avec le retrait prématuré des Ferrari d'usine, et celui de l'une des puissantes Cunningham américaines. Mieux encore -si on se place du côté de l'écurie allemande !- les Jaguar XK120 C, souveraines en 1951, sont toutes attardées et/ou rapidement éliminées, conséquence de l'adoption d'une carrosserie "profilée" dont le principal effet est … de perturber, via une prise d'air trop petite, le bon refroidissement de la mécanique. Si bien qu'après huit heures de ronde, on pointe au commandement la Gordini de Jean Behra et Robert Manzon, devant la grosse Talbot T26GS de Pierre "Levegh". Ce dernier conduit depuis le départ ! 3ème, 4ème et 5ème, les 300 SL sont en position d'attente … ou bien sont incapables de suivre le rythme des voitures françaises ! Il est vrai que la Gordini n'est pas un modèle de fiabilité, ce qui se vérifie en début de soirée, avec le retrait de Behra … Du coup, si KarL Kling doit, lui aussi, renoncer vers 23 heures, victime d'une panne électrique, les deux 300 SL rescapées roulent en seconde et troisième position … mais à quelque distance de ce diable de "Levegh" qui poursuit sa route en solitaire.


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Doublé mérité, quoique chanceux


Neubauer sait que le gros 4,5 litres de la Talbot, qui a déjà dominé l'épreuve en 1950, peut tenir la distance et, au petit matin, modifiant sa tactique attentiste, il lance ses pilotes à l'assaut de la voiture française. Sans succès ! L'écart diminue d'autant moins que les Mercedes rencontrent des problèmes avec la bonne tenue de leurs pneumatiques … A trois heures de l'arrivée, le "Kaiser" décide de figer les positions. Mieux vaut assurer des places d'honneur que de courir à un échec possible. Mais à une heure du drapeau à damiers, "Levegh" stoppe la Talbot sur le circuit, moteur hors d'usage, et s'effondre en pleurs près de la voiture bleue, définitivement muette.
Séparées par moins d'un tour, les 300 SL de Lang-Riess et Helfrich-Niedermayr réalisent un doublé qui, sans être immérité, est tout de même chanceux. Qu'importe ! Dans une course aussi célèbre que les "24 Heures du Mans", la victoire est, souvent, l'unique résultat qui marque les esprits et se grave dans le marbre de l'histoire ...


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Le héros de la journée est Pierre "Levegh" sur sa Talbot 4,5 litres, éliminé à moins d'une heure de l'arrivée !


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Derrière les 300SL, les américains Cubbingham et Johson réalisent un exploit sur la Cunningham C2-R


Les "rodsters" entrent en piste


Immédiatement après la classique sarthoise, Mercedes attaque un programme de développement qui consiste à mettre au point quatre nouveaux châssis, pour lesquels on abandonne la carrosserie fermée, au profit d'un habillage de type "barquette". On va même essayer, sur l'une d'elles, la solution du compresseur volumétrique de type "Roots", qui procure 230 chevaux à la voiture, mais va s'avérer source de maints problèmes techniques. Sagement, le compresseur disparaît des projets de Stuttgart, où l'on compte d'autant plus sur ces "roadsters" qu'ils doivent s'imposer dans l'épreuve d'ouverture du Grand Prix d'Allemagne, disputée, comme cette course de F1, sur le redoutable Nürbürgring de l'époque, la fameuse "Nordschleiffe" …


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Nürbürgring. Fritz Riess très déterminé dans le fameux virage relevé du "Karussel"

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Le "Kaiser" Neubaeur (à gauche) veille au grain !

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La tâche, comme à Berne dans des conditions identiques, n'a rien d'insurmontable ! Face à une opposition clairsemée et de niveau quasi-régional, les 300 SL "roadster" monopolisent les quatre premières places avec, dans l'ordre, Lang, Kling, Riess et Helfrich.

Max s'en mêle …

Normalement, l'aventure de la première mouture de la 300 SL doit s'arrêter là … Mais, on l'a vu plus haut, cette retraite anticipée ne fait pas l'affaire de l'importateur Mercedes-Benz aux "States", Max Hoffmann. En cette voiture de sport très moderne, et incidemment fort originale avec ses portières "aile de papillon", l'homme a deviné une "super GT" qui, dans une version civilisée, pourrait trouver une clientèle importante aux Etats-Unis. Il n'aura de cesse que d'insister auprès de la maison-mère pour obtenir satisfaction, et en attendant, réclame à corps et à cris la présence des 300 SL dans la "Carrera Panamericana", cette incroyable épreuve de vitesse disputée sur plus de 3200 kilomètres, du sud au nord du Mexique. Neubauer n'est pas très chaud, mais ce fin politique se dit que, finalement, une telle gageure, qui nécessite des voitures à la fois rapides, agiles et fiables, est tout à fait dans les cordes d'une 300 SL. En outre, cette course atypique attire un grand nombre de concurrents européens, dont beaucoup sont soutenus par leurs usines. C'est le cas de Ferrari, Lancia, Gordini, avec des pilotes de la trempe de Bracco, Bonetto, Maglioli, Villoresi, Behra. Il y a aussi beaucoup de bonnes autos venues des U.S.A., dont la Ferrari de l'importateur local, Luigi Chinetti, ou celle de Jack McAffee. Bref, si la Mercedes possède des atouts sérieux (à commencer par une organisation sur le terrain sans faille), et si la tâche ne s'annonce guère aisée, l'aventure mérite d'être tentée.


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Au Mexique, l'armada Mercedes au complet avec, à droite, le "roadster" confié à l'américain John C.Fitch

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En dépit des efforts de la faune locale !


Une fois la décision prise, l'armada de Stuttgart gagne par bateau, puis par la route, la ville de Tuxtla Gutièrrez, sise à plus de 2200 mètres au dessus du niveau de la mer ! Les nombreux changements d'altitudes qui jalonnent le parcours ont amené les techniciens à modifier la cylindrée des voitures, pour une meilleure respiration de la mécanique, l'augmentation de l'alésage faisant passer la valeur de 2996 cm3 à 3103 cm3. Deux coupés sont alignés, pour Kling et Karl Kleng, et pour Lang et Erwin Grupp, un "roadster" piloté par le jeune américain John Fitch (associé à Eugen Geiger) complétant l'effectif. Trente-cinq techniciens et mécaniciens, deux avions de reconnaissance, deux camions d'assistance, trois cents pneumatiques, et la 300 SL N°0007 comme mulet et véhicule de réserve … Le "Kaiser" n'a pas lésiné sur l'intendance !


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Initié en urgence par la "Com'" de la firme allemande, ce spectaculaire témoignage de la rencontre entre Kling-Kleng et "leur" vautour est devenu mythique !

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Panaméricaine. A l'arrivée de l'étape, le visage de Kleng et le pare-brise de la 300 SL témoignent de la violence du choc …

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Panaméricaine. Karl Kling, assis sur l'opportun seuil de porte de sa voiture, fait admirer les barres protectrices placées devant le pare-briserbrbVoir l'image en grand0 vote


Dès le départ, il apparaît que les aléas d'une telle aventure, sorte de "Paris-Dakar" avant l'heure, mitigé "Liège-Sofia -Liège, vont jouer un rôle déterminent dans le déroulement de l'épreuve. Lang heurte un chien, et Kling est percuté par un vautour ! Le rapace traverse le pare-brise et entre violemment en contact avec le visage du malheureux Kleng, qui termine la première étape "sonné", le visage en sang. L'aventure, peu banale et qui aurait pu avoir de dramatiques conséquences pour Kleng, provoque, de la part de l'équipe, deux réactions immédiates: la pose, devant les pare-brise, de lames métalliques protectrices, et … l'édition, par centaines de milliers, d'un dessin évoquant l'incident, traité dans un style spectaculaire à souhait. On ne perd jamais le nord dans les services de communication de Stuttgart !


Vautour et canidé suicidaires ou non, les 300 SL subissent la loi de leurs concurrents lors des deux premières étapes, d'abord dominées par la Gordini de Behra puis, après la sévère sortie de route du français (qui lui coûtera … la perte d'une oreille !), par la Ferrari de Bracco. Une panne de différentiel met un terme à la course du vainqueur des "Mille Miglia", ce qui permet aux 300 SL -sur lesquelles Neubauer a fait monter des rapports de boîte plus longs- de s'emparer du commandement. A Cuidad Juarez, sur la ligne d'arrivée, Kling précède Lang d'une trentaine de minute, et les 300 SL signent un nouveau doublé, devant la Ferrari de Chinetti et Jean Lucas. Fitch a été disqualifié pour avoir reculé vers la ligne de départ de l'ultime tronçon, alors qu'il venait de s'élancer difficilement, en délicatesse avec sa transmission.


La "W 198" préfigure la série …


En 1952, les dix "W 194" (tout simplement numérotées de 0001 à 00010), six coupés et quatre "roadsters", ont donc bien mérité de l'usine Mercedes, avec quatre victoires (et autant de doublés) et une seconde place à leur actif. Ces premières 300 SL sont remisées, mais l'aventure continue, car Max Hoffmann a obtenu satisfaction ! Une " W 198" (N°00011) dont le 6 cylindres 3 litres reçoit une injection directe "Bosch", pour délivrer 225 chevaux, et se dote d'une carrosserie plus proche de la ligne définitive du modèle de série, est construite début 1953, et intensivement essayée par Rudolf Uhlenhaut et ses complices. Ce prototype possède, notamment, la calandre rectangulaire, les prises d'air sur les ailes avant, et les deux bossages de capot, conservés sur la version définitive de la 300 SL de route, présentée lors du Salon de l'Automobile de New York, le 6 février 1954, à peine six mois après le feu vert donné par le directoire de la firme. Une autre aventure commence, mais il est clair qu'une étoile est née …


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Le prototype "W 198" N°00011, longuement testé en 1953, préfigure le modèle définitif, présenté en février 1954

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Ce dessin de Geo Ham célèbre la victoire au Mans, face à la Talbot N°8 de "Levegh", éliminée dans la dernière heure ....

Les derniers commentaires
Farfadet 86
17 novembre 2017 à 12h05
 
Encore un beau et exhaustif reportage, bien fadé en photos et explications sur ces Mercedes W 196 /198 , stars en leur temps. des sportives de haut niveau.
Un palmarès plutôt  consistant sous l'égide d'un directeur de course intransigeant Alfred Neubauer
Des heures de gloire pour le phénomène 300 SL.  Une grande sportive racée, un look incomparable, certainement la plus fameuse étoile de Mercedes.
En 1952, au "24H du Mans", Pierre Levegh n'a pas eu de chance avec sa Talbot, si près du but ! ... Et encore moins  de prendre le volant d'une "flèche d'argent" au même "24H du Mans" en 1955...

Autre article sur la 300 SL (de série) :
http://blogs.caradisiac.com/le [...] 98229.html
Message modifié le 17 novembre 2017 à 12h14
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