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Histoire à la gomme ...

La "Lightweight Special"



Sir Alexander fait ses gammes …



S'il se tourne assez tôt vers la mécanique, Alexander Arnold Constantine Issigonis, né en Turquie de père anglo-grec et de mère bavaroise, ne se prédestine en rien à l'étude d'une automobile.


René B.
Photos: archives de l'auteur


Cet intérêt pour les arcanes de la mécanique, au sens large du terme, Alec les cultive auprès de son père, ingénieur motoriste dans une société de fabrication de sous-marins basée à Smyrne. Le décès prématuré de M.Issigonis, et l'arrivée des troupes turques à Smyrne, à l'issue de la Première Guerre Mondiale, entraînent le repli de la famille en Grande Bretagne …

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En 1922, le jeune Alec Issigonis reçoit, pour cadeau de fin d'étude, une Singer 10 qu'il surnomme "Salomé". Avec cette auto, Alec et sa mère vont parcourir l'Europe pendant deux mois, une expérience qui donne au futur ingénieur en génie mécanique (il sera diplômé en 1928) une furieuse envie d'améliorer ces engins rétifs, sujets à des pannes répétées, que sont alors les véhicules automobiles ! C'est en 1936 qu'il entre chez Morris Motors, et dès 1941, Il s'attaque à l'étude d'une voiture populaire facile à vivre, solide et peu coûteuse. Ce projet "Mosquito" (moustique) aboutira à l'emblématique Morris Minor, qui sera l'automobile britannique la plus vendue de son temps.

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Aussi célèbre dans l'histoire des voitures populaires que la "Coccinelle" ou la "2CV", la Morris Minor reste une icône ...

Créateur de la révolutionnaire "Mini"

La fusion de Morris Motors avec Austin Motor Company, pour former la "British Motor Corporation" en 1952, fait craindre une perte de son indépendance à Issigonis, qui trouve refuge chez le petit constructeur de véhicules de luxe Alvis, dont les productions entendent rivaliser avec Bentley ou Jaguar, et où l'innovation n'est pas la vertu cardinale de la maison. Issigonis réintègre rapidement la "B.M.C.", le succès de la Minor incitant la hiérarchie à lui confier l'étude de la remplaçante de l'Austin Seven et de la Minor, qui seront basées à l'avenir sur un modèle unique. C'est à cette occasion que le futur Sir Alec (il sera anobli par Elisabeth II en 1969, pour services rendus à l'industrie automobile anglaise) se lance dans l'aventure du "Projet ADO 15". Autrement dit, du véhicule anticonformiste qui deviendra la "Mini", un engin qui va révolutionner le marché des voitures compactes que, d'ailleurs, personne n'appelle alors ainsi ! Avec ses minuscules roues de 10 pouces rejetées aux quatre coins, son moteur transversal qui, tout comme l'adoption d'une traction aux roues avant, permet de gagner beaucoup de place sous un encombrement réduit au strict minimum, sa carrosserie "bi-corps" de 3,05 mètres de long, la "Mini" est peut-être mini … maliste, mais elle offre 70 à 80% de son volume utile aux occupants.


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Le projet "ADO 15" aboutira à la "Mini", dont les formes et la philosophie sont déjà évidentes sur ce cliché


En outre, il se trouve que cette merveille va s'avérer d'une agilité incroyable, et offrir une tenue de route ahurissante, du moins sur chaussée sèche. Le triomphe commercial est immédiat (il se vendra plus de 5 millions de "Mini" ), le mythe est en marche, et Sir Issigonis -qui commettra aussi une autre voiture à succès, la Morris/Austin 1100- prend une semi-retraite, à la tête de son propre bureau d'études, en 1971. Il décède le 2 octobre 1988, peu avant son 82ème anniversaire.

Aluminium, chrome au molybdène et elektron !

En 1935, ou 1933 selon d'autres sources plus fiables, Alec Issigonis et son ami Georges Dowson s'attaquent à la fabrication d'une petite monoplace de course (destinée aux épreuves en côte et aux sprints), qui est entièrement conçue par le futur père de la "Mini", à l'exception de la mécanique. Cet engin, qui sera sobrement baptisé "Lightweight Special" ("Ultra-légère Spéciale" ), est à l'opposé des bricolages sympathiques, certes efficaces mais souvent simplistes, qui caractérisent alors ce genre de véhicule. Avec sa "Lightweight", Sir Alec fait ses gammes !

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D'abord, le châssis est entièrement fait main, utilisant un ensemble de "sandwichs" d'aluminium et de contreplaqué, qui allient légèreté et rigidité. Sur ce cadre, sont montées des suspensions avant et arrière à roues indépendantes, qui font appel à des éléments en chrome au molybdène, et dont les mouvements sont contrôlés par des tampons de caoutchouc, une idée que l'ingénieur reprendra pour la suspension de la "Mini" … Le tout est caché sous une jolie carrosserie profilée, réalisée en tôle d'aluminium, et repose sur des roues taillées dans un matériau utilisé dans l'aéronautique, l'elektron. Cet alliage très léger, à base de magnésium, est celui dont Jean Bugatti se servira pour réaliser la carrosserie de son prototype "Aérolithe", préfigurant la mythique 57 S "Atlantic". Qui, elle, se contentera d'une robe en alu, mais conservera, à titre purement esthétique, ses rivets caractéristiques, rendus obligatoires avec l'elektron, que l'on ne savait pas souder à l'époque !

La "Special" la plus sophistiquée ?

Le moteur originel, utilisé en 1938 lorsque Dowson pilote la "Lightweight", est emprunté à l'Austin Seven, dans sa version "compétition", et ce 750 cm3 gavé par compresseur Zoller offre 90 chevaux. Il sera remplacé par un petit 4 cylindres de 747 cm3, à arbre à cames en tête, étudié par Issigonis, et construit à l'unité chez l'employeur celui-ci, le "Nuffield Group", qui a repris Morris Motors.


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Cette mécanique, aussi évoluée que le reste de la monoplace, délivre 95 chevaux à plus de 7000 tr/mn. Dans un ensemble qui accuse, au plus, 330 kg sur la bascule du coin, inutile de préciser que "ça avançe" ! On a évoqué un chiffre inférieur à 10 secondes, pour atteindre les 100 à l'heure. Pas exceptionnel ? Bien sûr que si, puisqu'il s'agit de 100 miles, soit plus de 160 km/h !




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La "Lightweight" dans son état actuel ....

John Bolster, le créateur de la fameuse "Bloody Mary", soulignera, dans son ouvrage sobrement intitulé "Special" (1), que la "Lightweight" fut, sans aucun doute, la plus soignée, la plus moderne, la plus sophistiquée surtout, des voitures fabriquées avec les moyens du bord, au fond d'un garage …

(1) Editions Foulis, 1949. Cet ouvrage est assez facile à trouver, sur les sites des libraires britanniques, en bon état et à un tarif tout à fait raisonnable. Bolster y détaille, plus ou moins exhaustivement, une centaine de réalisations anglaises toutes plus ahurissantes et les plus cryptées les unes que les autres, de la "Aikens" à la "Worsley-Harris", en passant par la "Himmelwagen" et la "Salomé", déjà œuvre d'Issgonis. Une mine !


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Les commentaires récents
  • Grigougnou
    Bien vu et bien envoyé, quelque chose me dit que je n'ai pas fini de te lire ;)

    Alain, ami de passage qui rentre à Lyon.

    PS : la chatte semble en effet très attachante...

    Le 13 septembre 2018
  • Farfadet 86
    Excellent billet... anecdotes, historique de l'auteur débutant conducteur et du modèle,  participations aux épreuves sportives, caractéristiques techniques, tout y est !...

    Une Dauphine au-dessus du lot et...

    Le 12 février 2018
  • Farfadet 86
    L’Éternel féminin ici conjugué en grâce à l'auto elle aussi tant désirable.
    Charme indéniable de la FEMME qui sied à ces termes eux aussi au féminin :  automobile, voiture, belle mécanique, "bagnole", "caisse"...

    Le 12 février 2018
  • Farfadet 86
    Qu'importe le verre ou les "sous verts" pourvu qu'on ait l'ivresse !...

    Merci pour ce reportage photos qui a mis spécimens rares et modèles populaires d'antan bien en évidence pour le visiteur de ces pages.

    Le 12 février 2018
  • Farfadet 86
    Encore un beau et exhaustif reportage, bien fadé en photos et explications sur ces Mercedes W 196 /198 , stars en leur temps. des sportives de haut niveau.
    Un palmarès plutôt  consistant sous l'égide d'un directeur de...

    Le 17 novembre 2017
  • Farfadet 86
    Encore un billet de qualité nous montrant combien l'Aventure automobile et son retentissement dans les sports mécaniques ne sont pas que mythes  mais un panel de faits bien réels, des passes d’armes par voitures de...

    Le 10 août 2017
  • Nenelechampenois
    Merci pour le commentaire, Farfadet !

    Le 25 mai 2017

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