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hISTOIRES A LA GOMME


Prince B.Bira

Petit fils d'un légendaire roi du Siam


Son aïeul inspira le film "Le Roi et moi", et la série télévisée "Anna et le Roi". Birabongse Bhanutej Bhanubandh aurait pu mener l'existence d'un prince siamois ordinaire, si l'on ose dire !

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René B.
Photos: collection de l'auteur

Celui que l'histoire du sport automobile connaît sous le nom, il est vrai plus facile à retenir, de Prince B.Bira, est né à Bangkok le 15 juillet 1914. En 1927, comme tous les jeunes dignitaires du Royaume de Siam (aujourd'hui, la Thaïlande), Birabongse s'installe en Grande Bretagne, afin de suivre un cursus universitaire qui le mène du célèbre collège d'Eton au prestigieux campus de Cambridge. Le prince n'a, semble-t-il, aucun problème pour devenir un gentleman britannique grand teint ! On loue volontiers ses parfaites bonnes manières, sa maîtrise irréprochable de l'anglais tel qu'on le parle dans la haute société, son goût pour le champagne, et l'élégance avec laquelle il porte le smoking. Le prince est l'archétype de ce que l'on nommerait, aujourd'hui, "un modèle d'intégration" !

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Les grands débuts sur la E.R.A. et les premiers succès ....

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Sur le cockpit de la E.R.A., l'emblème du "White Mouse Racing", évidemment une souris blanche !


Amateur de golf, de criquet ou habitué des champs de course, Birabongse, comme tout bon anglais de son rang, fut-il né siamois ? Bien sûr, mais c'est plutôt un autre loisir très prisé des britanniques fortunés, la course automobile, qui l'attire. On le rencontre souvent à Brooklands ou à Donington, en compagnie de son cousin le Prince Chula Chakrabongse, et c'est ensemble qu'ils décident de créer une écurie de compétition, joliment baptisée "White Mouse Racing". Le Royaume de Siam ne possédant pas de couleur officielle, l'équipe habille ses voitures d'une robe bleue, rehaussée de jaune …


"Remus", "Romulus" et "Hanuma" !

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Bira sur la "Romulus"

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En 1935, B.Bira fait ses grands débuts, à Brooklands, sur une Riley. Cette même année, le "White Mouse Racing" achète une moderne E.R.A. ("English Racing Automobile" ), l'un des tout premier châssis de la jeune marque britannique, qui est immédiatement surnommé "Romulus". Avec cette monoplace, le prince va se révéler excellent pilote, obtenant des résultats probants sur le territoire britannique, mais aussi en France (Dieppe, Albi, Picardie), à Monaco, Berne, etc … Cette moisson de succès incite le Prince Chula et son cousin à acquérir une seconde E.R.A., naturellement rebaptisée "Remus" (1), qui sera réservée aux compétitions anglaises, "Romulus" ayant pour mission de briller sur les circuits d'Europe. Une Maserati 8CM est également alignée, dès 1936, et le prince utilise, à l'occasion, une Delahaye 135 MS dans les épreuves pour voitures de sport (victoire aux "12 Heures de Donington" ). Une troisième E.R.A., "Hanuma", équipée de la version 2 litres du 6 cylindres dérivé d'une mécanique Riley, s'ajoute à l'écurie "White Mouse" en 1937.



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Raymond Mays (à gauche) congratule Bira, vainqueur de l'International Trophy à Brooklands, en 1936

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Une coupe de champagne n'a jamais fait peur à son Altesse !

On constatera, à la lecture des extraits d'un palmarès bien fourni, que le terme de "gentleman-driver", souvent associé au nom de B.Bira, est quelque peu condescendant. Le siamois se battait souvent aux avant-postes, et pour la victoire, avec des pilotes confirmés. Par contre, l'équipe thaï, bien que son chef-mécanicien soit alors "Lofty" England, futur directeur de l'équipe Jaguar, ne parviendra jamais à tirer la quintessence d'une Delage G.P. récupérée en 1937. Il est vrai que la mécanique de la voiture française, en particulier son superbe (et complexe) moteur 1,5 litres, V8 à double arbre à cames en tête et quatre soupapes par cylindre, est rétif aux réglages approximatifs !


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Nombreux succès sur Gordini et Maserati

B.Bira reprend la compétition dès 1947, et s'il aligne la brave mais obsolète "Hanuma", il ne tarde pas à tirer excellent parti d'une nouvelle Maserati 4CLT, louée à l'écurie argentine Platé. C'est avec cette machine qu'il dispute quatre Grands Prix du tout nouveau "Championnat du Monde des Conducteurs", créé en 1950 (en même temps que le terme "Formule 1" ). Dès 1947, B.Bira est incorporé à l'écurie Gordini, aux côtés de Wimille, Manzon, Simon, etc … , pour disputer les courses réservées aux monoplaces de petites cylindrées. De nombreuses victoires, ou secondes places, émaillent le brillant parcours du pilote thaï sur les Gordini T11 ou T15 (Genève, Manx Cup, Lyon, Marseille, Stockholm, Lausanne, etc …), et B.Bira se fait également remarquer, avec la Maserati 4CLT, à San Remo, Reims, Zandvoort ou au "Richmond Trophy". Entre 1947 et 1951, B.Bira se forge un solide palmarès, même si ses tentatives sur la rapide, mais bien fragile Osca V12-4,5 litres, se soldent par une série d'échecs (2).


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La Maserati 6CL aux couleurs siamoises, bleu et jaune, une heureuse trouvaille dans le mariage des coloris !

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L'époque Gordini. Bira, au volant, Amédée à droite, et Aldo Gordini


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G.P. de Grande Bretagne 1952, sur la 2 litres .....


Un quai du métro londonien …


En 1954, B.Bira s'impose dans le Grand Prix des Frontières, à Chimay (Maserati A6GCM). Puis une moderne Maserati 250 F, monoplace très appréciée des pilotes privés (3), lui permet d'obtenir une 4è place dans le G.P. de l'A.C.F. 1954, de terminer second la même année à Pescara et à Rouen puis, en 1955, de remporter le G.P. de Nouvelle- Zélande. C'est à l'issue de cette épreuve que B.Bira décide de mettre un terme à sa carrière de "prince du tumulte" (4), pour redevenir un "prince", tout court.




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En 1950, Bira roule en Simca 8, voiture de service puisque membre de l'équipe Gordini !

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La grosse OSCA 4,5 litres ne marchera jamais correctement


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La Maserati 250F des dernières courses .....

B.Bira possède une autre passion sportive, le yachting. Il participe à quatre éditions des Jeux Olympiques, des J.O. de 1956 à Melbourne à ceux de Münich, en 1972. Mais cette activité ne le fait guère sortir de l'anonymat, en dehors des frontières de son pays d'origine … A Bangkok, où il se rend de temps à autre, en Suisse et dans le sud de la France, où il réside le plus souvent, personne ne se retourne sur ce petit asiatique mince, poli, discret et toujours tiré à quatre épingles. Le 23 décembre 1985, un homme frappé par un malaise cardiaque s'effondre sur le quai de la station de métro londonienne de "Baron Court". Les secours ne parviendront pas à ramener à la vie le Prince Birabongse Bhanutej Bhanubandh …


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1) A propos des E.R.A. du "White Mouse Racing", précisons que "Romulus" était la voiture R2B-1,5 litres, "Remus" la R5B-1,5 litres, et que "Hanuman" possédait le châssis R12B/C-2 litres. Si le nom d'une divinité thaï, pour ce modèle, s'explique aisément, on n'a aucune explication plausible sur le choix du patronyme des jumeaux fondateurs de Rome, pour baptiser les deux premières monoplaces …

2) L'Officine Spezialitate de Construzione Automobili avait été créée, en 1948 à Bologne, par les frères Maserati, interdits de construire une voiture sous leur nom, après la cession de la firme au Trident à la famille Orsi. Dès 1950, pour faire face à des machines -dont les Maserati 4 CL et 4 CLT- modernes, O.S.C.A. construisit une ambitieuse monoplace utilisant, dans un châssis de 4 CLT, un V12 de 4,5 litres "atmosphérique", selon la règle en vigueur dans le nouveau Championnat du Monde des Conducteurs de Formule 1, qui admettait aussi les mécaniques 1,5 litres suralimentées. La première voiture fut livrée à Bira, et une seconde O.S.C.A., dotée d'un châssis neuf, fut alignée par Francesco Rol, notamment avec Louis Chiron. Aucune des deux voitures ne se montra compétitive, et le changement de règle, intervenue dès 1952, condamna l'O.S.C.A., au même titre que la B.R.M. V-16 … Ce moteur fut employé, sans plus de réussite, dans une "berlinetta" alignée au Mans.

3) Cette Maserati 250 F, répondant à la réglementation de la "Formule 1" édictée à partir de 1954, était dotée du 6 cylindres en ligne-2,5 litres de 250 chevaux. Relativement simple, réputée robuste et d'un entretien facile, cette monoplace fut très appréciée par les écuries privées et les pilotes indépendants, et on l'a vit aux mains de Fangio, Moss, Behra, Schell, Perdisa, Bonnier, Godia, Shelby, Salvadori, Gould, Bira, Parnell, Gregory, etc … Il en fut fabriquées une bonne douzaine, voire davantage, ce qui est assez exceptionnel pour une "F1" !

4) Référence au remarquable roman de Pierre Fisson, réédité par les "Editions du Palmier", qui met un scène un jeune pilote débutant chez Gordini, aux côtés de personnages parfaitement réels, constructeurs, pilotes, mécaniciens, au cours de la saison 1950. Un vrai document !


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Les commentaires récents
  • Grigougnou
    Bien vu et bien envoyé, quelque chose me dit que je n'ai pas fini de te lire ;)

    Alain, ami de passage qui rentre à Lyon.

    PS : la chatte semble en effet très attachante...

    Le 13 septembre 2018
  • Farfadet 86
    Excellent billet... anecdotes, historique de l'auteur débutant conducteur et du modèle,  participations aux épreuves sportives, caractéristiques techniques, tout y est !...

    Une Dauphine au-dessus du lot et...

    Le 12 février 2018
  • Farfadet 86
    L’Éternel féminin ici conjugué en grâce à l'auto elle aussi tant désirable.
    Charme indéniable de la FEMME qui sied à ces termes eux aussi au féminin :  automobile, voiture, belle mécanique, "bagnole", "caisse"...

    Le 12 février 2018
  • Farfadet 86
    Qu'importe le verre ou les "sous verts" pourvu qu'on ait l'ivresse !...

    Merci pour ce reportage photos qui a mis spécimens rares et modèles populaires d'antan bien en évidence pour le visiteur de ces pages.

    Le 12 février 2018
  • Farfadet 86
    Encore un beau et exhaustif reportage, bien fadé en photos et explications sur ces Mercedes W 196 /198 , stars en leur temps. des sportives de haut niveau.
    Un palmarès plutôt  consistant sous l'égide d'un directeur de...

    Le 17 novembre 2017
  • Farfadet 86
    Encore un billet de qualité nous montrant combien l'Aventure automobile et son retentissement dans les sports mécaniques ne sont pas que mythes  mais un panel de faits bien réels, des passes d’armes par voitures de...

    Le 10 août 2017
  • Nenelechampenois
    Merci pour le commentaire, Farfadet !

    Le 25 mai 2017

 
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