Caradisiac® utilise des traceurs (cookies et autres) pour assurer votre confort de navigation, pour réaliser des statistiques de visites ainsi que pour vous proposer des services et des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts. En poursuivant votre navigation, vous en acceptez l'utilisation. Pour plus d’informations et paramétrer vos traceurs : En savoir plus

Publi info
 
S'abonner à ce blog

Le départ de la Nationale 20, soit la route d'Orléans, se fait à Paris, porte d'Orléans. La première matérialisation de l'axe se fait aujourd'hui encore à ce niveau. Originellement, cela correspondait à une porte du mur d'enceinte de la capitale. La nationale atteint alors Montrouge, qui est la première ville traversée.

On voit ici la porte en direction de l'actuelle avenue du général Leclerc qui entre dans Paris. Les grilles sont encore présentes.



montrouge porte orleans tramwaysVoir l'image en grand0 vote

La circulation automobile n'a pas encore dominé. Les transports par traction animale croisent les tramways. Ces derniers ne sont supprimés qu'entre 1926 et 1929. Ils sont alors jugés dépassés devant le développement des voitures individuelles, plus rapides. La question n'est pas encore de réguler et d'organiser le trafic dans les villes, mais de faciliter la circulation.

Au moment de réformer les tramways, on n'imagine pas le retour de ce mode de locomotion à la fin du XXe siècle et au début du XXIe, après avoir multiplié les aménagements pour faire face à l'augmentation de la place de la voiture en ville !

Quoi qu'il en soit, au dos de cette prise de vue commencent les 864 kilomètres qui mènent à la frontière espagnole après avoir traversé la France.

La Nationale 20, comme toutes les grandes nationales, ne devait pas son trafic aux seuls vacanciers les jours de départ vers le soleil. Toute l'année, elle était sillonnée par les chauffeurs routiers, au volant de leurs camions et poids-lourds.
Traversant la France du nord au sud, la Nationale 20 a eu plusieurs fonctions, comme désenclaver les régions traversées, permettre la décentralisation vers Toulouse, et bien sûr acheminer les productions du sud ouest vers Paris et les secteurs situés plus au nord. Ce rôle d'artère économique explique que l'on retrouve de multiples entreprises implantées le long de la route. L'ampleur de certaines zones d'activité montre d'ailleurs l'importance du rôle joué par la nationale dans le développement et l'aménagement des villes traversées.

Un exemple avec celui de Montauban. L'activité économique s'est développée au nord et au sud de la ville, le long de la RN20. Parmi les usines, il y avait Capelle, créée par deux frères originaires de la région.


www-kizoa-com_montauban usine capelle rn20Voir l'image en grand0 vote

Cette fabrique de meubles remonte au début des années 60. On la voit ici avec la RN 20 au premier plan. Puis, l'activité prend de l'ampleur. Des établissements secondaires sont ajoutés dans les grandes villes de France : Paris, Lyon, Marseille. Jusqu'à 400 personnes sont employées.
En 2005, l'entreprise ferme définitivement ses portes, après des années de recul, sans doute dues à une évolution du marché et une transformation de la concurrence. Le bâtiment de l'usine compte alors parmi les friches industrielles, avant d'être réhabilité depuis quelques années.

La vie de cette entreprise est assez caractéristique de la vie industrielle de la France dans la seconde moitié du XXe siècle. La prospérité et le déclin des meubles Capelle correspond aussi à ceux de la Nationale 20. Au maximum de son activité pendant les Trente glorieuses, elle a connu la baisse de sa fréquentation avec les déviations et l'autoroute. Les friches industrielles se sont alors multipliées, autant que les réhabilitations des zones en centres commerciaux.

www-kizoa-com_photo 2Voir l'image en grand0 vote

Ma route fait aujourd'hui une pause à Saint-Jory, village de Haute-Garonne qui se situe au nord de Toulouse, est qui était traversé par la RN 20. L'axe de la d 820 passe toujours au coeur de ce bourg.
Sur la place, on peut remarquer, si on lève la tête, un fronton travaillé et un buste sculpté. Ce monument date de 1914, et il nous apprend qu'il a été érigé en souvenir du centenaire du passage du Pape Pie VII, en 1814. Mais que faisait-il donc ici ?

L'illustre voyageur est un précurseur de la route qui allait devenir Nationale 20, et qui était alors une voie impériale. Le fronton a été installé au sommet de la façade du bâtiment qui était alors le relais de chevaux de la ville. La vitrine en-dessous reprend la place de la porte voûtée servant au passage des animaux. Et le Pape y a bien fait une étape, le soir du 02 février.

Une des originalités de Napoléon I a aussi consisté à faire prisonnier le pape de l'époque, à cause de différends entre eux. De 1812 à 1814, sa captivité à Fontainebleau, est un épisode connu. On connaît aussi son trajet, en France, pour se rendre du sud-est à la région parisienne. La route était celle qui allait devenir la Nationale 7. Les endroits où il s'est arrêté, où il a dormi, le long de cette voie, sont également bien mentionnés.

On connaît moins le retour. J'ai reconstitué, et daté, l'intégralité de ce périple, en plein hiver. Ce sera l'objet d'un futur article.
Toujours est-il qu'il est arrivé à Saint-Jory. Comme à chaque arrêt, la population reconnaissait le convoi et son occupant. Ce passage a suscité une vague de commémorations un siècle plus tard. En 1914, plusieurs bâtiments ont reçu une plaque ou un monument pour rappeler l'épisode.
2014 est l'année du bicentenaire.

Ces traces permettent de comprendre aussi ce qu'était un voyage à travers la France il y a 200 ans, mais aussi quelles étapes pouvaient jalonner la route.

A suivre...

pierre buffiere viaducs aerienneVoir l'image en grand0 vote

Comme évoqué à la fin de l'article précédent, le village de Pierre-Buffière a finalement été dévié, et bien avant l'arrivée de l'autoroute.
Voici une vue aérienne du village, du pont de chemin de fer et du viaduc de la Nationale 20 qui enjambe la vallée.
De ce fait, cette commune aux nombreux hôtels a commencé à ne plus être une étape de la route alors qu'elle retrouve le calme. Les enseignes vont disparaître progressivement, mais c'est une autre histoire. Et d'autres articles !

Cette période de chassé-croisé sur les routes me donne l'idée de commencer une série d'articles, consacrés aux bouchons. A travers documents, témoignages et recherches, je propose de faire le tour des principaux "points noirs" que comptait la Nationale 20. Le tracé traverse en effet une multitude de villes, villages et lieux habités. Il passe aussi dans des régions au relief accidenté et dénivelé.
Ceci explique que cette route comporte plusieurs difficultés, qui étaient propices aux embouteillages les jours de départs ou de mauvais temps.

Le premier passage délicat que j'illustre ici est la traversée de Pierre-Buffière. Ce petit village se situe à un vingtaine de kilomètres au sud de Limoges, en Haute-Vienne. Il est construit tout au bord de la Briance, dont la vallée est encaissée à cet endroit, et forme des gorges de chaque côté. Depuis le haut du village, en allant du sud vers le nord, la route descend en lacets jusqu'au pont, puis remonte aussi fortement, avec des virages marqués.
Les deux clichés anciens montrent la descente depuis le centre du village jusqu'au pont.


www-kizoa-com_pierre buffiere centre aerienneVoir l'image en grand0 vote

www-kizoa-com_pierre buffiere pont briance aerienneVoir l'image en grand0 vote
Vers le haut de la montée, la deuxième difficulté se présente !
Comme on le voit sur la carte en couleur, la voie ferrée passe à proximité : un viaduc franchit la vallée.
Dans la côte, la voie de chemin de fer coupe la route. La gare se trouve aux abords de la nationale et, initialement, un passage à niveau stoppait la circulation.


www-kizoa-com_st hilaire bonneval pn rn 20Voir l'image en grand0 voteCette prise de vue montre les barrières fermées. Au-dessus, un café restaurant avec pompe à essence permettait de faire une pause avant de finir l'ascension.
Dans les années 1930, apparemment en 1933, une déviation a été mise en place pour éviter le passage à niveau (1). L'embranchement se fait à gauche de la photo, où un panneau est visible. Il mène à un pont qui passe au-dessus des voies. Le souci est que cette déviation, étroite, a une forme de fer à cheval, avec des virages très marqués.
La route passe toujours au même endroit est on voit son profil sur cette vue aérienne :

https://www.google.fr/maps/@45 [...] a=!3m1!1e3

Cette section était à l'origine de bouchons, comme on peut l'imaginer. Encore aujourd'hui, croiser un poids lourd dans cette épingle sans visibilité est impressionnant. Même en voiture, il faut aborder le pont du chemin de fer à allure très réduite. Et en hiver, le verglas et le brouillard remontant de la rivière sont souvent de la partie.
C'est ce qui faisait dire aux habitants de Limoges qui remontaient la route qu'ils n'étaient pas arrivés tant qu'ils n'avaient pas franchi Pierre-Buffière.
Du moins jusqu'en 1980. A cause des difficultés de circulation, les grands moyens ont été employés pour éviter le dénivelé. La Nationale 20 a alors été déviée du village, ce qui a imposé la construction d'un viaduc. Ouvert fin 1979, début 1980, c'est toujours lui qui supporte l'actuelle autoroute.
Et qui a mis fin au "point noir" des bouchons de Pierre Buffière, faisant de la commune, le "village des viaducs" : pont routier, viaduc ferroviaire et viaduc autoroutier.

(1) alors intitulée N 20A
A propos
spit1500

Bienvenue sur le blog de

spit1500

Voir son profil

Recueil des souvenirs et des survivances laissés par l'axe Paris - Toulouse - Pyrénées. Ou comment son itinéraire a structuré le pays, modelé son tracé, répercuté les tendances ou les modes. Vos témoignages m'intéressent : lanationale20@gmail.com

Archives
Catégories
  • Aucune catégorie trouvée
Les commentaires récents
  • leroyalaza
    Cet article m'interpelle et le lien RN20/Chemin de fer plus particulièrement. Dans son entrée sur les premiers contreforts des Pyrénées, jusqu'à son point final à bourg Madame et aux portes de l'Andorre, la voie...

    Le 13 février 2016
  • Gonocoque
    Merci pour ce blog ! Habitant l'Etampois, empruntant la N20 (qui d'ailleurs porte aujourd'hui un nom plus précis genre N20xx depuis le transfert des portions aux départements) et passionné des évolutions au cours de...

    Le 28 août 2015
  • Mandrak81
    Très bonne idée que ce blog :) :)

    Le 29 juillet 2015
  • spit1500
    Je pensais laisser des devinettes, mais bon. Sur le post du 9 juillet, la carte ancienne montre la route Paris-Limoges àBessines sur Gartempe, dans la Haute-Vienne. L'indice était la pub peinte pour de la porcelaine : on...

    Le 13 juillet 2014
  • Cartels
    Bravo de commencer ce travail de patrimoine.
    Peut tu mettre une légende aux photos de lieux comme pour la ville que l'on vois sur la carte postale.
    Merci

    Le 13 juillet 2014
  • Cartels
    Bravo de commencer ce travail de patrimoine.
    Peut tu mettre une légende aux photos de lieux comme pour la ville que l'on vois sur la carte postale.
    Merci

    Le 9 juillet 2014

 
Copyright © Car & Boat Media - Tous droits réservés

Caradisiac, 1er site d’actualité automobile : info auto en continu pour découvrir les dernières nouveautés dans le domaine de l’automobile avec tous les essais de voiture et d’accessoires (GPS, radars, tuning). Evaluez au mieux la valeur de votre véhicule avec la cote auto gratuite et consultez également nos guides d’achat neuf et occasion afin d’effectuer votre achat en toute tranquillité.