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Une archive animée pour changer. Ce reportage réalisé pour la télévision date de 1971. Chose pas si courante, le cadre choisi pour l'émission est : la RN 20. Sous le titre "la France défigurée", c'est une série d'enquêtes qui avait été tournée. Dans cette vidéo, la problématique est celle de la profusion des panneaux publicitaires sur le bord des routes, à travers l'exemple de la Nationale 20. Profusion qui gâchait le paysage pour beaucoup de personnes.

On apprend comment les murs et pignons des maisons en bord des routes ont été traqués par les publicitaires pour fixer un panneau ou bien réaliser les fameuses pubs peintes.

Selon le commentaire même du journaliste, qui tournait en juillet, la RN 20 était bien une des routes qui permettait passer des vacances à l'étranger.
Le voyage effectué à l'occasion du reportage montre différents endroits depuis la région parisienne jusque vers le secteur de Cahors : la zone de Monthléry, des paysages du Limousin, ou le petit village de Saint Pierre Lafeuille, au nord de Cahors. Les témoignages rappellent que la circulation est saturée en cette saison.


http://www.ina.fr/video/CAF910​40437


Les lieux qui sont montrés, que je n'ai d'ailleurs pas encore tous identifiés, donnent une vision du décor de cette nationale à l'époque. La comparaison avec la configuration actuelle des mêmes endroits met en évidence que beaucoup de choses ont changé depuis quarante ans. A suivre pour des petits "avant/après" de certains lieux du tournage.

Mais où va donc la RN 20 en fait ?

www.kizoa.com_frontiere poste bourg madame 2Voir l'image en grand0 vote

Elle se termine à la frontière espagnole, au sommet des Pyrénées, dans les Pyrénées Orientales. Exactement à Bourg-Madame, à proximité d'Andorre, après Latour-de-Carol.
C'est dans le village de Bourg-Madame que la route franchit un pont, situé sur le Raur, qui constitue la frontière.
Les photos représentent cet endroit à quelques années d'écart, avec l'Espagne en ligne de fond. Le passage était matérialisé par un poste frontière coté français. Ce bâtiment est fermé, mais il existe toujours. De chaque côté du pont, il y avait une barrière mobile ; elles sont aujourd'hui supprimées.
Les prises de vues montrent les douaniers bien mis en avant, et un échantillon des véhicules en circulation à l'époque.


www.kizoa.com_frontiere poste bourg madameVoir l'image en grand0 vote

Au temps des nationales, la France ne se traversait pas à la même vitesse qu'aujourd'hui. Si l'on s'en réfère à l'Indicateur fidèle, le guide touristique du XVIIIe siècle, il fallait 15 journées et demie pour aller de Paris à Toulouse vers 1765, contre 7 et demie vers 1780, traduction de la modernisation des routes.
Certes, l'automobile a réduit les distances de façon importante en prenant place sur les nationales. Il n'en demeure pas moins que traverser la France prenait des dizaines d'heures et qu'il fallait des hébergements et de quoi se restaurer.


www.kizoa.com_chamarande aubergeVoir l'image en grand0 voteSur cette vue, c'est un relais, celui des Deux lions, à Chamarande. Village de l'actuelle Essonne, la RN20 passait à sa proximité. Au niveau du carrefour permettant de relier son centre, se trouve cette bâtisse, alors hôtel restaurant. C'est un des nombreux exemples de bâtiments qui ont connu les diligences et se sont adaptés à la nouvelle donne avec le trafic automobile.


www.kizoa.com_st jory restorouteVoir l'image en grand0 voteConflit de générations : la photo de cette carte a été prise dans les années 60 presque à l'autre bout de la RN20. Il s'agit d'un Restoroute, celui de Saint-Jory, en Haute Garonne. il s'appelle le Relais Paris-Pyrénées. Il fait partie des restaurants de Jacques Borel, qui a introduit l'alimentation industrielle. Le modèle est ici américain : celui du diners, où le même bâtiment offre la station service et la restauration rapide.

La présence d'un Restoroute sur la RN20 montre qu'il s'agissait d'un axe principal. Comme on le voit sur le plan ci-dessous, il n'y en avait que 7 en France, avant les implantations sur les autoroutes.
Et les autres sont les nationales 6, 7, 10 et 4 ( puis vers Le Mans ou l'océan et vers les sports d'hiver des Alpes)

carte-restoroutesVoir l'image en grand0 vote
Ces deux exemples de restauration sur la nationale 20 ont fonctionné en même temps. C'est cette diversité de style qui est assez unique et typique des routes en France, et qui leur donne une bonne partie de leur charme.

Actuellement, il y a aussi un autre point commun entre ces deux restaurants, en plus de leur intérêt patrimonial, ou de leur proximité avec la même route. Les deux sont à l'abandon.
Aux dernières nouvelles, le relais de Chamarande est fermé et se délabre à mesure que les tags l'envahissent.
Du Restoroute, il reste la carcasse du bâtiment. Elle est reconnaissable à son architecture mais il faut savoir ce que c'était pour y prêter attention. Il n'y a bien sûr plus la station service.
C'est la disparition qui les guette, après qu'ils aient connu le trafic, l'animation, ou les controverses sur la "malbouffe" pour la chaîne des premiers fast food.

www.kizoa.com_arpajon route paris 1900Voir l'image en grand0 vote

Aujourd'hui, une vieille archive des années 1900. J'avais décidé de laisser deviner la situation de certaines photos. Allez, là, c'est en région parisienne. Il s'agit de l'ancienne entrée de la ville depuis la route de Paris.
Ceci pour rappeler que la Nationale 20, c'était la route de Paris à Orléans, donc du domaine privé du roi. Comme beaucoup d'axes principaux, cette voie a été profondément restructurée au XVIIIe siècle. La future Nationale 20, alors route royale, était celle qui absorbait en France le trafic le plus important.

Et les platanes alors ? Pour améliorer la circulation, toutes les routes ont été repensées à partir des années 1700. Ce schéma a donné celui des routes nationales au XIXe siècle. Leurs caractéristiques étaient leur largeur, la présence de deux fossés et ...leur double bordure de platanes. Ces arbres marquaient les nouvelles voies, les routes comme les canaux. Ainsi, l' Etat marquait sa présence sur le territoire, et sa centralisation, grâce à la physionomie de son réseau de transports A partir de 1720, les plantations continues de rangées de platanes sont rendues obligatoires.
Pour l'anecdote, dans cette histoire d'arbres qui fera ensuite débat avec la circulation automobile, ceux-ci sont plantés sur les terrains qui touchent la route. Après la Révolution et l'affirmation du droit à la propriété individuelle, l'Etat ne pouvait pas imposer des plantations sur les terres d'autrui. A partir de là, les platanes sont plantés sur l'emprise des routes, ce qui les rétrécit considérablement. Et voilà pourquoi ils se sont retrouvés, au XXe siècle, si proches des voitures...

Car il a fallu adapter les routes aux voitures. Et c'est ce que je cherche avant tout à collecter : comment sur des routes pour diligences, avec des relais pour les chevaux, se sont greffés de nouveaux équipements : une signalisation, des garages et stations services, de nouveaux hébergements, des relais à la mode américaine, etc...

Sur cette image, colorisée, on se situe cette fois au sud d'Orléans, vers Lamotte Beuvron. Les platanes sont toujours là. Sauf à l'endroit ou on a construit une station service (Esso), caractéristique. Elle est installée de façon à être la plus visible possible par les automobilistes. La reconnaissance du logo de la marque est un enjeu pour capter le client.


www.kizoa.com_motel bruyeres station essoVoir l'image en grand0 vote
Actuellement, il ne reste plus grand chose de ces deux emblèmes. Les arbres ont en forte majorité disparu, et avec eux, une identité visuelle marquante. Les stations services ont souvent fermé. Et avec elles, on détruit la plupart du temps la trace d'un ingénieux marketing qui avait été créé pour les routes, ainsi que des architectures typiques de modes du XXe siècle, parfois très élaborées.

Alors, la recherche de ce qui fait le patrimoine de la Nationale 20 continue !

www.kizoa.com_bessines gartempe rn20Voir l'image en grand0 vote

Je commence l'aventure. Je m'intéresse aux routes d'autrefois en même temps qu'à la voiture ancienne.
Aujourd'hui, la circulation se fait selon le schéma des autoroutes, pensées comme des vecteurs, et donc sans intégration dans les espaces traversés. Cela n'a pas toujours été le cas, et ce changement a induit un déplacement des voies de communication "historiques". En quelques années, le réseau des routes nationales est tombé dans l'oubli. C'est pourtant à travers lui que, bien souvent, la France s'est construite telle qu'elle est.
En effet, ces routes nationales, dont la mémoire collective se souvient à travers des Trente Glorieuses, ont aussi été les routes impériales, après avoir été routes royales, voire voies romaines.
Chaque époque a laissé ses strates. On les retrouve sur les bords des routes. C'est ce qui a permis leur intégration dans le paysage. C'est ce qui leur donne tout leur charme. Cette lente construction a forcément laissé dans l'inconscient de chacun de nous des stigmates.

C'est ce que je voudrais retracer dans ce blog, à travers une des ces routes : la Nationale 20.
Ce n'est pas la plus charismatique. Il y a la "route des vacances" qui remplit la fonction. Mais c'est une des plus longues en France et si elle ne finit pas au bord de la mer, elle aborde la montagne. Et elle permet d'accéder à une frontière après avoir traversé diverses régions, car il n'y a pas en France que la Bourgogne et la Provence, Valence ou Saint Paul de Vence. La Nationale 20 a structuré le pays et son relatif anonymat pourrait faire disparaître nombre des traces de son histoire.
C'est pour ces raisons qu'elle m'intéresse. Et aussi parce que, à force d'habiter dans son voisinage dans différentes régions, elle a fini par me devenir familière.

Mon souhait est de faire partager des lieux-phares de cette route, qui sont aujourd'hui souvent en sommeil.
C'est aussi de montrer des époques différentes, qui ont opéré une stratification sur ces routes et qui leur donnent leur visage.
Aussi de faire partager des habitudes de déplacement, par étapes, qui prenaient en compte la possibilité d'aléas importants, différentes d'aujourd'hui.
Mon souhait est aussi, et bien sûr, de collecter les témoignages, les résurgences, les souvenirs. Alors, à tous, collaborez, commentez, participez !
Que l'on retrouve un peu ici de la proximité des embouteillages sur les anciennes routes ou de la convivialité de leurs cafés restaurants !


la bastideVoir l'image en grand0 vote

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Recueil des souvenirs et des survivances laissés par l'axe Paris - Toulouse - Pyrénées. Ou comment son itinéraire a structuré le pays, modelé son tracé, répercuté les tendances ou les modes. Vos témoignages m'intéressent : lanationale20@gmail.com

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  • leroyalaza
    Cet article m'interpelle et le lien RN20/Chemin de fer plus particulièrement. Dans son entrée sur les premiers contreforts des Pyrénées, jusqu'à son point final à bourg Madame et aux portes de l'Andorre, la voie...

    Le 13 février 2016
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    Merci pour ce blog ! Habitant l'Etampois, empruntant la N20 (qui d'ailleurs porte aujourd'hui un nom plus précis genre N20xx depuis le transfert des portions aux départements) et passionné des évolutions au cours de...

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    Très bonne idée que ce blog :) :)

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  • spit1500
    Je pensais laisser des devinettes, mais bon. Sur le post du 9 juillet, la carte ancienne montre la route Paris-Limoges àBessines sur Gartempe, dans la Haute-Vienne. L'indice était la pub peinte pour de la porcelaine : on...

    Le 13 juillet 2014
  • Cartels
    Bravo de commencer ce travail de patrimoine.
    Peut tu mettre une légende aux photos de lieux comme pour la ville que l'on vois sur la carte postale.
    Merci

    Le 13 juillet 2014
  • Cartels
    Bravo de commencer ce travail de patrimoine.
    Peut tu mettre une légende aux photos de lieux comme pour la ville que l'on vois sur la carte postale.
    Merci

    Le 9 juillet 2014

 
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