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J'aime l'arrogance, la belle arrogance agile comme l'escrimeur mais solide comme le marbre, cette arrogance qui nous oblige à dire non à ce que l'on nous impose d'être pour devenir ce à quoi nous aspirons. Cette arrogance qui nous fait dire oui à l'inconnu pourvu que les rêves que nous poursuivons soient meilleurs que la réalité.
L'insouciance d'espérer vaincre les invincibles et les installés a fait briller les yeux des moins attendus au sommet de ce monde mais quand cela arrive, le spectacle est d'une rare beauté et sa quintessence traverse les âges mêlant doux rêves et regrets acidulés. ![]() Certains faits les plus réels qui soient se suffisent à eux-mêmes mais ils ne sont que la conséquence d'une volonté, de quelque chose de tellement actif en nous qu'il faut soit la refouler et se plier à la réalité, soit l'aider à déployer ses ailes et à balayer toutes les idées de ce bas-monde. Quelle ne fut pas la volonté et l'arrogance des ingénieurs de Mazda d'oser apporter une telle technologie et marquer d'une grâce symphonique le mythique circuit de la Sarthe. Le Mans est une compétition unique au prestige rare, que tous les constructeurs du monde rêvent de gagner une fois par leurs moyens, ce circuit magnifique se situe dans la région de la Sarthe, circuit sur lequel furent établis les records de vitesses durant lesquels certains constructeurs ont pu dépasser la barre mythique des 400km/h comme l'a fait Porsche. Pour Mazda le challenge était de prouver aux yeux de tous que leur technologie les mènerait à la victoire même si rien ne jouait en leur faveur. Fruit d'une conception aussi rapide que d'une exceptionnelle ingéniosité, l'enfant-prodige Hiroshima pousse ses premiers cris en 1991.Equipé d'un moteur à pistons rotatifs qui continue de faire la singularité contemporaine de Mazda. Il est disposé de manière longitudinale en position centrale et doté d'une injection électronique. Le R26B R 4, nom du titan venu de l'est, développe alors 700 chevaux à 9000tours par minute, un couple de 608 newtons, le tout épaulé par une boîte à 5 rapports manuelle développée conjointement avec Porsche, le tout pour un poids ridicule de 830 kg ! Le nouveau-né faisait déjà trembler la concurrence sur le papier par ces attributs fabuleux et un cœur aussi gros que ses prétentions qui visaient d'ores et déjà le sommet. Bien campée sur ses gommes Dunlop, cet objet roulant bien identifié orange et vert laissait présager un seul point d'ombre : Allait-il tenir les 4932km de cette épreuve obligatoire pour poser son nom au panthéon des grands de ce monde automobile ? Quand vous êtes arrogants, vous devez être aussi confiants que vos rêves sont grands, nul ne naît légende en ce monde, il faut le devenir à force d'envie et de refus de céder à la pression des installés. Il n'en fallait pas moins pour Herbet, Weidler et notre Bertrand Gachot "national" sans rancune à nos amis belges, c'est grâce à lui qu'un certain Michael Schumacher a pu faire ses premiers tours de roue en F1 Ayant filé à plus de 205km/h de moyenne, le demi-dieu marqua l'histoire des plus grands à son tour mais d'une façon qui restera à jamais unique. La concurrence ayant vite compris qu'une telle technologie mettrait à mal leur quotidien, que le rêve était interdit pour les esprits les plus étriqués, un lobby s'empressa de faire plier la fédération et d'interdire cette technologie. Mazdaspeed restera donc l'unique équipe de l'histoire a avoir cru en une technologie que personne n'attendait et fierté nationale oblige, c'est à ce jour la seule équipe japonaise officielle qui a remporté cette course. J'aime ce refus de la convention, cet esprit de conquête sans peur en connaissance de cause car Le Mans n'est une partie de plaisir pour personne. Avant que cette compétition ne devienne une autoroute avec des Audi roulant au TDI, je souhaitais rendre hommage à un monstre sacré qui a accumulé tant d'à-prioris, tant de craintes et d'espoirs infondés qu'il en est devenu arrogant lorsqu'il s'est mis à rêver publiquement de victoires. L'arrogance a été maniée avec maestria dans une symphonie qu'aucun puriste au monde ne peut ignorer.
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Si le pragmatisme occupe une place prépondérante dans l'automobile, il va sans dire qu'on en fait vite une overdose. Les dilemmes sont légion quand on veut bien faire et voilà que nous arrivons face à l'un des actes les plus pénibles au monde : Choisir !
![]() Disons qu'avec un zeste de légèreté, certaines choses naturellement utilitaires prennent une dimension plus humaine, moins parfaite mais plus attachante. C'est dans un contexte économique plutôt propice à la créativité que Nissan décide de commercialiser la Figaro. Outre son nom de pièce de théâtre (ou de quotidien français), la petite nipponne frappe par son gabarit et son côté inhabituellement rétro pour son époque. Quand vous êtes prisonniers du présent et du passé à la fois, vous avez le choix entre devenir fou ou devenir un virtuose. Même si les finalités semblent totalement antagoniques, vous verrez que la frontière pour passer de l'un à l'autre est si mince que tout constructeur qui ose le néo-rétro de bon goût est un équilibriste ! Un virtuose fou ou un fou virtuose. Embarquons vers 1991 ! Notre petit lance-pierre nippon est équipée d'un moteur d'1.0 turbocompressé développant 75 vaillants chevaux. La mécanique est plutôt classique, sans être un réel artifice technique ni une œuvre exempte de critiques. Il fallait un petit moteur pour la propulser et son attrait principal était son design "so sixties". Ce charme n'a d'ailleurs pas échappé à nos amis anglais (qui ont échappé de peu à la demi-finale de l'Euro 2012 !). ![]() L'intérieur de cette voiture est pétri de bonnes intentions concrétisées, le tout respire la fraicheur et la légèreté qui n'étaient pas les mots d'ordres principaux chez les constructeurs nippons à cette époque. Je me souviens que la gamme Nissan n'inspirait pas la fantaisie à l'anglaise que dégage cette bouille innocente. ![]() Loin de ce succès incertain qui la prédestinait à ne jamais voir le jour en France, sachez qu'il est possible de commander des Figaro personnalisées directement depuis le Japon pour des sommes relativement indécentes. Une Figaro s'aime et se paye, bien que les récents évènements à Fukushima aient quelque peu mis en déroute les usines qui produisaient, artisanalement, ces petites autos charmantes. Ah qu'il est bon d'aimer l'imperfection, le doute, les chemins non-tracés ! Ceux qui côtoient le ridicule et la réussite de si près ne deviennent pas des légendes par hasard...
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Quelle définition peut-on faire de cet engin mystérieux ? Existe-il vraiment autant de façons d'aimer cette invention formidable, que de la maudire ?
Force est de constater que notre meilleure ennemie l'automobile traverse les âges avec une vitalité insolente. Décriée et adorée par des hordes à travers le monde, que se cache-t-il encore derrière ce qui semble être un puits de paradoxes ? La croisée des mondes (le voyage du coeur) Comment juger sans préjugés ? Certes, il y'en aura forcément un ou une pour vous dire qu'on en fera toujours trop avec cet objet de consommation banalisé, standardisé voire pire utile ! Pourtant, les questions demeurent aussi évasives que les réponses qui nous torturent le cœur et l'esprit. Ah l'utilité, le voilà le grand débat, l'objet est-il nécessairement dénué de beauté ? Ne peut-on saisir une quelconque émotion au travers d'un engrenage mystérieux, bruyant, odorant...vivant. Loin de moi l'idée d'imposer un point de vue car quand on touche au cœur des Hommes, il y'a souvent plus de difficultés à comprendre qu'à apprendre mais cette tueuse des centre-villes, cette multi-récidiviste des autoroutes goudronnées fascine par cette colère et cette admiration qu'elle suscite. Où va-t-on réellement ? Nul ne sait vraiment, on sait juste qu'on est en voiture, à cet instant où la raison et la passion signent une trêve éphémère. A la croisée des mondes, on grandit du voyage et quel plus beau voyage que celui porté par la passion ? Celui où toutes les lignes droites et tracées ne prennent de sens que le jour où nous sortons des sentiers battus ? Voir ailleurs, c'est vivre ici et quoi de plus triste que l'indifférence ? Je vous le demande car la réponse m'échappe. Des aiguilles et des Hommes (le voyage de l'esprit) La société a engagé une course-poursuite contre le temps et pauvres mortels que nous sommes, nous avons choisi le savoir comme monture. Le savoir ? C'est par pure provocation que je prends un terme aussi abstrait car on nous force à tout savoir, tout de suite pour être mieux paré dans la vie. Découvrez avec qui votre voisin trompe sa femme et découvrez le secret du Coca-Cola ! Découvrez une nouvelle solution pour faire repousser vos cheveux en une semaine et découvrez le secret de vos plus grands ennemis... Oui, vous pouvez savoir tout cela ! Sans nul doute que le monde et sa décadence sont à portée de clic, à portée d'un indicateur LCD, tout est à portée de tout car nous allons toujours plus vite. Ah je vais vous parler de mes amies les aiguilles ! Vous savez ces petites choses dont on affublait les compteurs et les horloges, ces choses qui nous indiquaient plein de choses utiles et le temps... Ces justes reflets du temps qui passe, ces jolies facettes de souvenirs qui étaient le reflet de ce que nous avons parcouru avec toute la fragilité et la simplicité qui nous caractérise. Je ne crois pas à la perfection mais je crois au pouvoir bienfaisant de l'erreur, de l'imprécision et du temps que nous perdons à nous corriger. Nous sentir grandir, bourgeonnant d'idées pas toujours brillantes mais rafraîchissantes. Vieux con moi ? Oh je ne pense pas que le temps et le savoir soit la propriété de qui que ce soit d'autre que nous-même alors au même titre que la formule du Coca-Cola qui est jalousement gardée mais appréciée par des millions de gens, j'espère continuer à apprécier ce bonheur un peu "bébête" d'apprécier certaines choses longtemps sans toujours les comprendre. ![]() Quel est le but véritable de ce billet ? Oh pas grand chose, c'est juste un bout de route en ne faisant la course contre personne Juste un petit moment de voyage à partager avec des pensées éphémères telles un faisceau de phare traversant la nuit. Sauf que j'ai toujours préféré la douceur des étoiles à la lumière des xénons...
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A quoi pensait Nissan quand ils ont ôté Skyline pour ne garder que GTR ?
Certes, nous connaissons tous le syndrome "Corvette" qui consiste à se séparer d'une marque généraliste (en l'occurence Chevrolet) pour devenir une Marque-Modèle à l'image plus premium. Rétrospective sur la "prem's parmi les prem's" des Skyline. Une voiture qui est aux antipodes du missile nippon que nous connaissons aujourd'hui. A vrai dire, il faut remonter assez loin pour découvrir les origines de la Skyline et faisons taire les langues ignares, les origines de la Skyline remontent bien plus loin que Fast and Furious ou Gran turismo ! Il faut remonter le temps jusqu'en 1957, date à laquelle Prince Motor Company (PMC) a abandonné les voitures électriques pour se consacrer à la fabrication de ce petit bijou (et aussi la Prince Gloria). Prince ? késako ? J'allais vous parler d'une Nissan Skyline et voilà que je me retrouve à vous parler de Prince, mais qui est donc ce Prince me direz-vous ? Alors je vous réponds, qu'est-ce que Prince plutôt Prince Motor Company, dite aussi PMC, a été fondée en 1952 sur les cendres de la Tashigawa Aircraft Company (un manufacturier aéronautique dissout après la seconde guerre mondiale). Quant au nom de Prince (on y arrive !), c'est un hommage au Prince Akihito qui fut le 125ème Empereur du Japon. De l'heureux coup de crayon de PMC allait naître l'une des voitures les plus attachantes de l'histoire automobile : La Skyline Un palace roulant La Skyline n'a pas commencé sa carrière avec les prétentions sportives qu'on lui connaît aujourd'hui. En 1957, la belle japonaise s'annonce comme une voiture au luxe ostentatoire et motorisée par un 1.5l de 60 chevaux et 70 chevaux (code moteur : GA30 et GA40), elle offre alors des performance de premier ordre avec une vitesse de pointe flirtant les 140km/h. Cocorico ! C'est en 1958 qu'on la retrouve sur les podiums du Mondial de l'Automobile de Paris où elle attire les foules par sa ligne élégante mais surtout parce qu'elle est la première nipponne à s'afficher sur le vieux continent. Aucun doute, cette voiture est une pionnière ! ![]() Un côté délicieusement rétro Les japonaises brillantes ne manquent pas mais cette Prince Skyline est une matriarche. Toute une industrie a porté ses espoirs sur ce modèle tant il a fait preuve de créativité, de performance et de design ! Oubliée parmi tant d'autres, cette Prince est devenue aussi introuvable que les doux souvenirs qu'elle doit distiller chez les nostalgiques. Profitant d'un ramage à la hauteur de son plumage, la diva s'est parée d'une robe de soirée élégante qui a fait chavirer bien des cœurs là où la concurrence transalpine affirmait une insolente domination. "Il faut un début à tout" entend-on régulièrement mais une telle maestria ne peut définitivement pas s'oublier. ![]() La suite nous la connaissons tous un peu, la Skyline est devenue un modèle au succès planétaire et particulièrement adulée pour ses modèles sportifs badgés "GTR" (qui feront l'objet d'un article également Nul ne sait à vrai dire, c'est comme toute belle chose, on se contente de l'admirer en se posant le moins de questions possibles. |
A propos
Une parenthèse automobile mais surtout intemporelle au pays du soleil levant ;-)
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